Venezuela: Le torchon brûle à nouveau entre la hiérarchie catholique du pays et le président

Hugo Chavez demande la révision du concordat avec le Vatican

Caracas, 15 juillet 2010 (Apic) Le torchon brûle entre Caracas et le Vatican. Le président du Venezuela, Hugo Chavez, a en effet demandé mercredi une révision du concordat entre son pays et le Saint-Siège. La polémique entre son gouvernement et la hiérarchie de l’Eglise catholique locale est vive. Une fois de plus.

«Je souhaite que vous révisiez avec une équipe d’experts le concordat entre le gouvernement et l’Etat du Vatican», a déclaré Hugo Chavez à son ministre des Affaires étrangères Nicolas Maduro, lors d’une cérémonie retransmise par la chaîne officielle VTV, citée par l’AFP.

Le chef de l’Etat, qui se revendique marxiste et chrétien, estime en effet que cet accord «donne à l’Eglise catholique un privilège sur les autres Eglises». Depuis l’arrivée au pouvoir de Chavez, le bras de fer est systématique entre la hiérarchie catholique et le gouvernement.

La hiérarchie de l’Eglise n’a jamais caché ses faveurs à l’opposition. Une Eglise qui n’a du reste jamais épargné Chavez. Le malaise entre la hiérarchie catholique et le gouvernement Chavez va du reste atteindre son point culminant après la tentative de coup d’Etat, dans la nuit du 11 au 12 avril 2002, avec l’appui à ce putsch de l’archevêque de Caracas, le cardinal Velasco, aujourd’hui décédé. Il fut en effet l’un des signataires de l’acte constitutif du gouvernement intérimaire autoproclamé, mis en place par la junte civilo-militaire des milieux de la finance et du pétrole, qui a tenté de renverser un président pourtant démocratiquement élu. D’autres responsables de l’Eglise ont aujourd’hui pris le relais et passent pour les principaux adversaires du président.

«Nous sommes un Etat laïc», a ajouté dit Hugo Chavez lors de son intervention, mercredi 14 juillet à la chaîne officielle VTV. Le président considère par ailleurs qu’accorder «un privilège» à l’Eglise catholique «enfreint la Constitution».

Ces déclarations surviennent en pleine dispute verbale entre le chef de l’Etat et le cardinal Urosa Savino, nouvel archevêque de Caracas. Le chef de l’Etat a traité l’ecclésiastique de «troglodyte» la semaine dernière. «Il m’accuse de violer la Constitution, il faudrait qu’il le prouve devant un tribunal (…) Il profère des accusations infondées et téméraires, fort semblables à celles des putschistes», a affirmé Chavez, accusant le cardinal d’avoir soutenu le coup d’Etat qui l’avait renversé pendant deux jours en 2002.

Lundi dernier, la Conférence épiscopale vénézuélienne a manifesté son souhait de «tourner la page» de cette polémique, tout en apportant son soutien au cardinal. De son côté la présidente de l’Assemblée nationale, Cilia Flores, a affirmé mardi soir que les évêques «sont comme Urosa Savino, des porte-parole politiques de l’opposition», à deux mois d’élections législatives, jugées cruciales par le chef de l’Etat. Le vice-président Elias Jaua a, lui, exprimé le «soutien sans faille» des ministres au chef de l’Etat dans ce nouveau bras-de-fer. (apic/ag/arch/pr)

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