Licenciement à l’étude
Washington, 15 juillet 2010 (Apic) Le comité universitaire de la faculté de l’Illinois examine le licenciement de Kenneth Howell, renvoyé à la suite d’une plainte d’un élève: le professeur de religion avait expliqué que les actes homosexuels étaient moralement répréhensibles selon l’enseignement de l’Eglise catholique, a indiqué l’agence américaine «CNS» (Catholic News Service).
La révision du cas du professeur renvoyé intervient après que le professeur Kenneth Howell, qui a également dirigé l’Institut de la Pensée catholique au St. John’s Catholic Newman Center, a déclaré qu’il n’enseignerait plus ses deux cours sur le catholicisme à l’Université de l’Illinois dès la fin du semestre de printemps. Kenneth Howell a été renvoyé même après avoir offert de modifier le contenu de ses cours, selon «CNS».
Kenneth Howell, catholique, a été recruté en 1998 par le St. John’s Catholic Newman Center de Champaign-Urbana (Illinois), un organisme qui dépend du diocèse de Peoria, pour y enseigner les principes de la foi catholique. En 2000, le directeur de ce Centre, Mgr Stuart W. Swetland, annonçait à Kenneth Howell qu’il avait réussi à le faire engager par le Département des Religions de l’Université de Illinois pour y enseigner la doctrine catholique. Au printemps dernier, Kenneth Howell a donné deux cours magistraux à ses étudiants: l’un sur l’explication de la loi morale naturelle, l’autre sur les questions controversées relatives à la loi morale (dans le cadre d’une introduction au catholicisme). Ce dernier cours a provoqué quelques réactions violentes de la part de certains étudiants.
Pour mieux leur faire comprendre les enjeux du débat, le professeur avait adressé aux étudiants, le 4 mai dernier, un courriel privé leur expliquant ce qui oppose l’utilitarisme (considéré dans son sens le plus ordinaire) et la loi morale naturelle. Il avait tenté de leur y expliquer que, selon l’utilitarisme, les actes charnels de nature homosexuelle ne sont pas considérés comme immoraux, alors qu’ils le sont selon la loi naturelle, du fait que la loi morale naturelle, contrairement à l’utilitarisme, porte des jugements moraux sur la base des actes eux-mêmes.
Cette leçon de doctrine morale catholique n’a pas plu à un étudiant qui y a vu une discrimination insupportable et qui a jugé qu’il s’agissait d’un «hate speech» (discours de haine). Il a dénoncé le professeur Howell au chef du Département des Religions de l’Université de l’Illinois, Robert McKim, lequel a décidé de congédier l’enseignant sans autre forme de procès. Avec la perte de son poste d’enseignant, Kenneth Howell a aussi perdu sa place à l’Institut du St. John’s Catholic Newman Center. Son salaire était versé par le diocèse de Peoria et sa position au Newman Center était dépendante de l’enseignement de ses deux cours.
Le chancelier de l’Université Bob Easter a demandé au comité de défense de la liberté académique de réexaminer l’affaire Howell, le 12 juillet dernier, selon Robin Neal Kaler, chancelier associé de l’Université pour les affaires publiques. Il a demandé que l’examen soit achevé avant la reprise des cours le 23 août prochain.
L’affaire est prise très au sérieux par les mouvements catholiques orthodoxes et par l’Alliance Denfense Fund, une organisation chrétienne – sans but lucratif – de défense juridique spécialisée dans la liberté religieuse, la sainteté de la vie et la protection de la famille. Elle entend défendre Howell devant les tribunaux pour violation de ses libertés académiques.
Le professeur Howell avait été félicité pour l’excellence de son enseignement en 2008 et 2009. (apic/cns/ds/fb)
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