Italie: La pétition sur l’eau, bien collectif, pour un référendum remise aujourd’hui à la justice

1,2 million de signatures pour que la gestion de l’eau ne passe pas dans le domaine du privé

Rome, 19 juillet 2010 (Apic) La pétition sur l’eau, « bien collectif », porteuse de 1,2 million de signatures en faveur de la mise sur pied d’un référendum en Italie, sera remise lundi à Rome devant une Cour romaine de justice. Elle entend combattre la gestion du service hydrique à des sociétés entièrement privées, voulue par le régime Berlusconi.

« Il y a eu une mobilisation extraordinaire avec plus de 1,2 million d’adhésions », a indiqué à Misna Paolo Carsetti, du Forum italien des mouvements pour l’eau, à quelques heures de la présentation des signatures devant la Cour de cassation pour un référendum contre ladite Loi Ronchi sur la privatisation de l’eau.

L’objectif de la pétition consiste à défendre l’eau comme un bien collectif à soustraire des logiques de marché et de profit.

Les normes approuvées par le parlement italien en novembre dernier stipulent qu’à partir du 1er janvier 2011, les antennes locales confieront la gestion du service hydrique à des sociétés entièrement privées ou au sein desquelles la part privée sera supérieure à 40%.

La Loi Ronchi accélère en fait un processus commencé il y a plusieurs années et qui, selon le Forum italien des mouvements pour l’eau, entre 1995 et 2005, a déjà causé l’effondrement des investissements dans le secteur de deux milliards à 700 millions d’euros par an.

Le mauvais entretien et la dégradation des réseaux italien de distribution n’ont toutefois pas empêché une augmentation des factures, allant jusqu’à 300% en l’espace de huit ans dans la ville d’Aprilia (Latium).

Le dépôt de la pétition près la Cour de cassation, dans la journée de lundi matin devrait donner lieu d’ici février à une décision de la Cour constitutionnelle sur l’admissibilité de la demande de référendum, voire, dès juin 2011, au vote pour abroger la loi.

Un chemin long et difficile qui bénéficie néanmoins d’un soutien ancré sur tout le territoire italien et d’une nouvelle conscience présente dans le monde entier. « Même la France, qui est pourtant l’empire des plus grandes multinationales de l’Eau, avec Suez et Veolia, a décidé de redonner la gestion du service hydrique à ses antennes locales », observe Carsetti.

Les partis, les syndicats et les associations que coordonnent la collecte des signatures pour le référendum depuis avril ne se sont pas toutefois mobilisés pour la seule Europe mais aussi pour les pays pauvres du Sud du monde. « Le réseau international qui lutte pour l’eau comme droit de l’homme fondamental s’est consolidé à partir de 2000, l’année de la Guerre de l’Eau de Cochabamba (Bolivie) », où les manifestations avaient abouti à la résiliation du contrat de la multinationale américaine Bechtel. (apic/misna/pr)

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