«Des droits, ici et maintenant " et une meilleure utilisation des fonds

Autriche: 18ème conférence internationale sur le SIDA, du 18 au 23 juillet

Vienne, 19 juillet 2010 (Apic) La 18ème conférence internationale sur le SIDA s’est ouverte à Vienne, en Autriche, le 18 juillet dernier. Cette conférence, qui a lieu tous les deux ans, rassemble jusqu’au 23 juillet prochain chercheurs, représentants des gouvernements, agents de santé, militants associatifs, chefs d’entreprise et personnes vivant avec le VIH (PVVIH) et le SIDA. 25’000 participants de 185 pays sont attendus. De ce fait, c’est l’un des rendez-vous les plus importants dans la lutte contre le SIDA.

« Des droits, ici et maintenant » est le thème principal retenu cette année 2010. Il souligne que la promotion et la protection des droits de l’homme sont indispensables pour apporter une réponse efficace au VIH. Parmi les sujets abordés lors de cette conférence: l’état de l’épidémie en Afrique australe et dans d’autres régions, la stratégie de prévention combinée, les progrès du traitement antirétroviral, le développement des politiques et des programmes à l’intention des consommateurs de drogues par injection et la responsabilité politique en matière d’accès universel et de droits de l’homme. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), cette rencontre 2010 coïncide avec un effort majeur pour instaurer l’accès universel à la prévention et au traitement du VIH d’ici la fin de cette année. Elle affirme également l’intérêt du financement de la lutte contre le VIH pour atteindre des objectifs plus généraux en matière de santé et de développement.

Aide des communautés religieuses sollicitée

Jan Beagle, directrice exécutive adjointe de l’ONUSIDA – programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA – a déclaré que les communautés religieuses pouvaient aider à construire des ponts entre monde scientifique et monde de la culture, religion et communautés. « Nous ne demandons pas aux chefs religieux de distribuer des préservatifs – à moins que cela soit acceptable au sein de vos traditions – mais de s’associer à nous dans les approches de prévention du VIH (…) », a-t-elle déclaré. Elle a également appelé à mettre fin aux « lois punitives » criminalisant les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes, les travailleurs du sexe et leurs clients et les personnes qui s’injectent des drogues. « Nous entendons parler d’innocents et de coupables lors de débats publics (sur le sida), a-t-elle regretté. Un tel discours, a-t-elle averti, est « un affront aux droits humains universels ».

Intervenants de renommée mondiale

L’ex-président américain Bill Clinton est intervenu lundi matin devant la 18ème conférence internationale à Vienne dans le débat sur les ressources pour le sida, en plaidant pour une utilisation plus efficace des fonds mobilisés en ces temps de crise économique. L’ancien président, qui dirige une fondation intervenant auprès des laboratoires pharmaceutiques pour faire baisser leurs prix, participe depuis 2002 à chacune des conférences internationales bisannuelles sur le sujet. « Nous devons diminuer le coût de l’aide », a-t-il déclaré. « Dans beaucoup trop de pays, beaucoup trop d’argent va à trop de gens qui vont à trop de réunions, qui prennent trop d’avions pour faire trop d’assistance technique », a-t-il dit, insistant sur la nécessité d’un changement de stratégie, avec le soutien direct aux plans nationaux de santé des pays en développement.

Dans l’après-midi, le milliardaire Bill Gates, co-président avec sa femme de la fondation Bill et Melinda Gates, devait prendre le relais, en martelant lui aussi le message d’une « optimisation » des fonds existants. Comme Bill Clinton, il devait parler des bénéfices de la circoncision, qui réduit de plus de 50% les risques pour les hommes, et insister sur la nécessité d’économiser sur le coût de distribution et gestion des traitements.

Dimanche soir, la conférence avait été officiellement ouverte par la lecture d’un message du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon, regrettant la restriction de l’aide accordée par certains gouvernements. « Nous devons nous assurer que nos gains récents ne sont pas perdus », avait-il lancé.

Michel Kazatchkine, directeur exécutif du Fonds mondial contre le sida, de retour d’un tour du monde pour mobiliser davantage les Etats, a aussi insisté devant la conférence sur la nécessité d’ »abonder le Fonds mondial ». Le Fonds, un partenariat public-privé basé à Genève, souhaite lever entre 13 et 20 milliards de dollars pour la période 2011-2013. Les Etats annonceront leurs contributions en septembre prochain à New York.

Tout en reconnaissant l’impact de la crise, on comprend mal à Vienne la baisse ou le plafonnement des aides internationales, alors que les budgets ont toujours été en progression au cours des dernières années. « L’an dernier les pays riches n’ont eu aucun problème à trouver des milliards pour sauver les banquiers avides de Wall Street », a relevé Julio Montaner, président de la Société internationale pour le sida (IAS) qui organise la conférence, lors de la séance inaugurale.

De son côté, l’Unicef a tenu à alerter l’opinion publique sur la situation alarmante des jeunes et des enfants séropositifs en Europe orientale et Asie centrale dans un rapport publié lundi à Vienne. Près de 80% des personnes récemment infectées sont des jeunes de moins de 30 ans. (apic/afp/fb)

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