Suisse: Le PDG de Nestlé Peter Brabeck pour la gratuité de «la dimension sociale de l’eau»
Zurich, 20 juillet 2010 (Apic) Le président du groupe Nestlé, Peter Brabeck, estime, dans le journal de la Migros de cette semaine, que l’eau ne doit pas être sans condition à la libre disposition des consommateurs. Il faut une utilisation responsable de ce bien précieux. Les réflexions de Peter Brabeck interviennent à la suite des nombreuses interventions d’œuvres d’entraide auprès de son entreprise pour qu’elle prenne position sur la problématique de l’eau.
Le chef d’entreprise, âgé de 65 ans et d’origine autrichienne, distingue trois «dimensions» de l’eau: la dimension sociale, qui concerne l’utilisation de chaque être humain pour la boisson et l’hygiène, ce qui correspond à 25 à 50 litres d’eau par jour et par personne. La deuxième dimension est écologique et concerne l’eau dont ont besoin les plantes et les animaux. Enfin, la dimension économique qui touche l’eau nécessaire à l’agriculture et à la production d’énergie.
Pour Peter Brabeck, le problème dans la discussion sur l’eau réside dans le fait que ces trois dimensions sont toujours confondues. Pour lui que l’accès à l’eau soit un droit humain ne pose pas question. Mais, affirme-t-il, cela ne concerne que la dimension sociale de l’eau. Celle-ci doit alors demeurer gratuite. Pour les autres dimensions, il faut fixer un prix de l’eau. Le PDG affirme que la dimension sociale de l’eau concerne au plus 2% de l’ensemble de la consommation globale d’eau douce. Le prix de l’eau devrait toutefois varier en fonction de la disponibilité de ce bien.
Les activités de Nestlé dans le domaine de l’eau sont fréquemment dénoncées par des œuvres d’entraide et des organisations d’aide au développement. La Déclaration de Berne (DB) par exemple critiquait en 2004 déjà l’exploitation de l’eau à São Lourenço, où la firme Nestlé produisait de l’eau «Pure Life», abaissant ainsi le niveau de la nappe phréatique.
En 2008, l’élection du directeur général de Nestlé Suisse, Roland Decorvet, au Conseil de fondation de l’Entraide protestante suisse (EPER) a suscité une controverse. De nombreuses personnes craignaient un conflit d’intérêts: alors que Nestlé est une firme active dans le secteur de l’exploitation de l’eau, l’oeuvre d’entraide lutte contre la privatisation de l’eau. (apic/mm/ak/js)
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