Allemagne: Pour le nouveau secrétaire général de la FLM, la justice économique est une priorité

Martin Junge s’exprime sur la dette mondiale

Stuttgart, 27 juillet 2010 (Apic) Lorsque, le 1er novembre, le pasteur Martin Junge deviendra le premier Latino-Américain à diriger la Fédération luthérienne mondiale (FLM), la question de la justice économique et de la dette illégitime sera placée à l’ordre du jour.

Le pasteur Junge, né au Chili en 1961, deviendra le secrétaire général de la FLM, à Genève, lorsque le théologien zimbabwéen Ishmael Noko prendra sa retraite après 16 années passées à ce poste.

Le 26 juillet, le pasteur Junge s’est adressé à l’organe directeur suprême de la FLM, l’Assemblée, réunie à Stuttgart, dans le sud de l’Allemagne, du 20 au 27 juillet.

«Il existe un ordre économique qui est absolument inéquitable et injuste, et qui est une profonde expression du péché; il prive des millions d’êtres humains de leurs droits et même de leur vie», a déclaré le pasteur Junge à l’Assemblée, qui est organisée tous les six ou sept ans.

«Saviez-vous que le G20 a dépensé 816 milliards de dollars EU pour renflouer ses banques?» a-t-il demandé. «D’un seul coup, l’argent était là, du jour au lendemain, pour sauver les banques.»

Martin Junge s’est demandé pourquoi l’argent n’avait jamais été disponible pour offrir suffisamment d’antirétroviraux afin de lutter contre le VIH et le SIDA ou pour annuler des dettes «d’origine manifestement illégale ou illégitime.» Il a demandé: «N’est-ce pas là une question morale, qu’une communion telle que la FLM, avec sa structure mondiale, devrait soulever, si possible avec d’autres Eglises, religions et organisations?»

Un pasteur très engagé

Le pasteur Junge est l’une des personnalités ayant collaboré à un ouvrage publié en 2008, intitulé «Not just numbers – Explaining the legitimacy of foreign debt» (Pas seulement des chiffres – Expliquer la légitimité de la dette étrangère), qui avait été présenté au Colloque international sur la dette illégitime à Oslo, Norvège, en octobre 2008.

«Saviez-vous qu’au cours de l’année 2006, les pays du Sud ont transféré 657 milliards de dollars EU vers le Nord? Cela signifie qu’en additionnant tous les flux financiers – flux commerciaux, prêts, dons – les pays du Nord ont dégagé un surplus de 657 milliards de dollars?»

Le pasteur Junge a également souligné qu’en 2009, année considérée comme l’une des meilleures pour l’aide au développement, seuls 123 milliards de dollars ont été offerts aux pays ayant besoin d’aide.

«La FLM ne devrait-elle pas également avoir un rôle actif dans cette discussion, en élevant sa voix prophétique au nom de ces personnes, qui ne sont pas un chiffre abstrait, mais une part importante de ses 70 millions de membres?»

C’est dans les premières années de la dictature au Chili, à l’époque de sa confirmation, à l’âge de 12 ans, que Martin Junge a envisagé d’entrer dans le ministère de l’Eglise.

Il a déclaré aux délégués à l’Assemblée que ces années passées dans son pays d’origine lui ont permis de comprendre qu’il est facile de perdre la démocratie mais qu’il est difficile de la récupérer lorsque cela s’est produit.

«Comme de nombreuses personnes de ma génération dans mon pays, j’ai été profondément marqué par la période de grandes difficultés politiques. Nous avons subi la perte de la démocratie et des libertés et nous vivions sous une dictature militaire», a raconté le pasteur Junge.

En 1973, le général Augusto Pinochet s’est emparé du pouvoir au Chili à l’issue d’un coup d’Etat sanglant. Il est resté à la tête du pays jusqu’en 1990, lorsqu’il a démissionné après avoir été désavoué lors d’un référendum national sur son maintien en tant que président jusqu’en 1997.

«Au cours de cette période, j’ai appris qu’il suffisait de peu pour perdre la démocratie, et qu’il fallait beaucoup pour la regagner», a affirmé le pasteur Junge. Il a ajouté avoir également appris «l’immense valeur de la démocratie participative».

Le nouveau secrétaire général de la FLM est membre de l’Eglise évangélique luthérienne du Chili, dont il a été le président de 1996 à 2000. C’est l’une des plus petites des 145 Eglises membres de la FLM.

Après des études secondaires au Chili, il a étudié la théologie évangélique à l’Université Georg-August de Göttingen, en Allemagne. Martin Junge est également titulaire d’un diplôme d’études avancées en management des organisations à but non lucratif de l’Université de Fribourg, Suisse. (apic/eni/js)

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