Portes à nouveau ouvertes le 20 septembre
Rome, 28 juillet 2010 (Apic) La Bibliothèque apostolique du Vatican, l’une des plus célèbres au monde, rouvrira ses portes le 20 septembre 2010, après 3 ans d’importants travaux de rénovation.
Située entre les Musées du Vatican et le Palais apostolique, «la Vaticane» a profité de cette fermeture pour se doter de nombreuses innovations techniques, a constaté I.Media. Toute la procédure a été suivie de près par Benoît XVI, en lien régulier avec le cardinal bibliothécaire Raffaele Farina, assure le préfet de la bibliothèque Mgr Cesare Pasini.
En 2007, la bibliothèque avait ainsi décidé d’entreprendre d’importants travaux, constatant que les laboratoires de restauration menaçaient de s’écrouler. Cette décision n’a cependant pas été facile, a indiqué Mgr Pasini à I.Media, dans la mesure où de nombreux chercheurs s’y sont opposés, allant jusqu’à demander, par écrit, au pape d’empêcher ou au moins abréger la fermeture. C’est notamment de là qu’est né «l’intérêt très vif» de Benoît XVI pour cette rénovation, a précisé le préfet, ajoutant que le pape comptait parmi les premiers à se réjouir de la fin des travaux.
La bibliothèque, édifiée pour l’essentiel pendant la Renaissance, dispose désormais de laboratoires flambant neufs, qui permettent ainsi la restauration de certains des 150’000 manuscrits ou des quelque 1,6 million d’imprimés conservés dans des kilomètres de rayons.
C’est précisément le problème de la circulation des ouvrages au sein du dédale de couloirs que compte la bibliothèque, répartis en différents bâtiments sur plusieurs étages, qui a poussé les responsables à mettre sur pied un système de surveillance extrêmement poussé. Ainsi, lentilles de détection, caméras, portiques électroniques permettront de contrôler les allées et venues des chercheurs – entre 150 et 200 en moyenne – qui se verront remettre d’ici la rentrée un badge magnétique. Les ouvrages imprimés disposent eux aussi d’une puce électronique.
Au fil des mois, commente Mgr Pasini, de «lourdes interventions» se sont révélées nécessaires, comme l’édification du nouvel ascenseur installé à flanc de bâtiment, dans la Cour de la Bibliothèque, qui relie désormais directement le dépôt des manuscrits à la salle de consultation restaurée et au laboratoire. L’immense salle des périodiques a aussi été rénovée et permet d’accueillir davantage de volumes. Le souci de faire de la place a d’ailleurs amené les responsables à transférer une partie des collections dans les immeubles de la Via della Conciliazione, à proximité du Vatican.
A moins de 2 mois de la réouverture, les derniers préparatifs allaient bon train au milieu des rangées de livres et autres manuscrits. Tandis que des employés masqués dépoussiéraient encore et encore les précieux ouvrages, de nouvelles tables de travail étaient acheminées par grue depuis la Cour du Belvédère, en contrebas du Palais apostolique. Les détecteurs sont quant à eux déjà opérationnels, signalant leur présence par un léger bip à chaque passage.
«Dans un contexte plus large, nous prévoyons la réouverture pour 2012 du salon de Sixte V comme salle de lecture», a en outre confié Mgr Pasini. Située au dernier étage de la bibliothèque, cette galerie édifiée au 16e siècle par Domenico Fontana (1543-1607) est décorée du sol au plafond de fresques exécutées en une année seulement par une quarantaine de peintres que Sixte V (1585-1590) avait convoqués pour l’occasion.
Enfin, des structures métalliques sont venues renforcer certaines parties de la Bibliothèque apostolique du Vatican pour pallier le poids des livres. Le Gouvernorat de l’Etat de la Cité du Vatican a pour sa part pris à sa charge la rénovation de la toiture de l’édifice principal.
Dans un avenir proche, la bibliothèque organisera un séminaire, du 11 au 13 novembre 2010, au cours duquel interviendront une quinzaine d’anciens chercheurs et une dizaine d’employés pour «prendre le pouls» de la bibliothèque et discuter de l’évolution des différentes activités menées derrière les murs centenaires de l’édifice, comme la photographie ou la restauration.
Par ailleurs, «la Vaticane» entend aussi se «faire connaître» du public, tout en conservant sa part de «mystère», aime à souligner Mgr Pasini. Et de préciser, à l’intention de ceux qui pensent que la bibliothèque cherche à dissimuler des secrets : «un mystère destiné à fasciner».
C’est dans ce contexte que le Bras de Charlemagne, sur la gauche de la place Saint-Pierre, accueillera du 10 novembre 2010 au 31 janvier 2011 une exposition destinée à raconter l’histoire de la Bibliothèque apostolique du Vatican depuis ses débuts, au 15e siècle, jusqu’à nos jours.
Dans un souci pédagogique, des employés de la bibliothèque exécuteront en public des opérations de restauration de livres, tandis que les visiteurs pourront feuilleter librement des reproductions de manuscrits précieux. Dans le même temps paraîtra le premier des 7 volumes retraçant l’histoire de la bibliothèque. Enfin, à plus longue échéance, une entreprise titanesque attend ›la Vaticane’ : numériser, en 10 ans, la moitié du patrimoine manuscrit, soit 75’000 livres. (apic/imedia/cp/pr)
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