Vives réactions partout en France contre les amalgames prônés par l’Elysée

France: Les évêques de Vannes et Belfort s’insurgent contre la «surenchère sécuritaire»

Belfort, 29 juillet 2010 (Apic) Les évêques de Belfort et de Vannes, en France, déplorent les généralisations hâtives envers les communautés Roms en France, après la réunion convoquée mercredi à l’Elysée par le président Nicolas Sarkozy pour plancher sur «les «problèmes que pose le comportement». Les ONG dénoncent pour leur part le discours «nauséabond» du chef de l’Etat.

Le remède à l’insécurité «ne se trouve pas dans une surenchère sécuritaire», ont affirmé les évêques de Vannes et Belfort, en charge des migrants et des gens du voyage. «Nous le déplorons vivement», écrivent Mgr Raymond Centène, évêque de Vannes, et Mgr Claude Schockert, évêque de Belfort-Montbéliard.

Mercredi déjà, l’aumônerie catholique des gitans et des gens du voyage avait déploré les «amalgames» dont sont victimes ces populations rendues responsables des «difficultés de notre société».

Les dernières violences, après la mort d’un jeune homme du voyage, tué par balles par un policier, «ont servi de prétextes à des généralisations hâtives et à une recrudescence de la stigmatisation dont sont victimes ces populations», faisait remarquer un communiqué, publié mercredi par l’aumônerie catholique.

Même son de cloche du côté des deux évêques de Vannes et Belfort, selon lesquels «de tristes évènements» dans la vallée du Cher «ont servi de prétextes à des généralisations hâtives et à une recrudescence de la stigmatisation dont sont victimes» les gens du voyage et les Roms.

L’exécutif a pris mercredi une série de mesures sévères visant «certains» Roms et gens du voyage, dont l’annonce de l’évacuation de 300 camps illégaux et de reconduites à la frontière «quasi-immédiates» pour les Roms qui auraient commis des fraudes ou des atteintes à l’ordre public.

A leur tour, les associations de Roms, de gens du voyage et de défense des droits de l’Homme s’insurgent contre les mesures de répression annoncées mercredi par l’Elysée, qu’elles jugent discriminatoires dans une logique de boucs-émissaires alimentée par des «clichés éculés».

«Le pire est arrivé», déplore Malek Salemkour de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), cité par l’AFP, selon lequel on assiste «à une ’resucée’ des menaces proférées par Nicolas Sarkozy depuis 2004» lorsqu’il était ministre de l’Intérieur. «On parle des camps comme des endroits de non-droit. Ce discours est nauséabond. C’est un clin d’oeil au Front National et au populisme: ça veut dire que le harcèlement va s’accélérer sans que les lois de la République s’appliquent».

Marraine d’une campagne du Conseil de l’Europe qui vise à combattre les clichés sur les Roms, l’actrice Fanny Ardant dénonce elle aussi un «même obscurantisme» qui persiste dans la manière de percevoir ces populations.

«C’est une peur atavique mais la peur est mauvaise conseillère», estime l’actrice interrogée par Le Parisien, pour laquelle «tout ce qu’on décide sur des peurs ataviques ou des réflexes électoraux est très dangereux». (apic/ag/arch/pr)

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