Une majorité de Kenyans se prononcent en faveur de la nouvelle Constitution
Nairobi, 5 août 2010 (Apic) Selon les premiers résultats du référendum qui s’est tenu au Kenya sur l’adoption d’une nouvelle loi fondamentale, une large majorité de Kenyans se sont prononcés en faveur du projet de Constitution. D’après les derniers résultats provisoires diffusés par la commission électorale, portant sur 7,4 millions de bulletins dépouillés (sur 12,4 millions d’électeurs inscrits), le oui obtient un peu plus de 5 millions des voix contre 2,23 millions pour le non. Ce projet s’était heurté à l’opposition des responsables d’Eglise du pays.
Mercredi, les responsables d’Eglise du Kenya s’étaient félicités du calme qui a régné pendant le scrutin sur la nouvelle Constitution, élaborée suite aux violences qui avaient éclaté à l’issue d’élections contestées en 2007 et qui avaient entraîné la mort de plus d’un millier de personnes.
«La participation électorale est élevée, aussi. Le voyage a été long et nous nous trouvons à une croisée importante», a déclaré l’archevêque anglican Eliud Wabukala au correspondant de l’agence œcuménique ENI peu après avoir glissé son bulletin dans l’urne. Pourtant, de nombreux responsables chrétiens du Kenya ont fait campagne contre la nouvelle Constitution, en raison de dispositions qui, selon eux, permettront l’avortement, légaliseront les tribunaux musulmans et limiteront la liberté de culte.
«Les Kenyans sont déterminés à prendre en main leur destinée, mais quel que soit le camp vainqueur, nous allons entamer un processus visant à amender les dispositions controversées», a pour sa part affirmé l’évêque anglican de Mombasa, Julius Kalu.
Plus de 12 millions de Kenyans, certains soufflant dans des sifflets ou des vuvuzelas, ces cornes qui se sont fait connaître dans le monde entier pendant la coupe du monde de football en Afrique du Sud, étaient appelés à se prononcer sur le projet de Constitution. Ce projet est l’une des mesures clés d’un accord négocié entre le président Mwai Kibaki et le Premier ministre Raila Odinga, d’anciens adversaires politiques qui ont formé un gouvernement de coalition après les violences qui ont suivi les élections de décembre 2007.
«Nous ne souhaitons absolument pas un retour à ce que nous avons connu pendant les violences postélectorales. C’est pourquoi nous lançons un appel particulier à la paix», a déclaré le cardinal John Njue, archevêque catholique romain de Nairobi. Dans un communiqué commun du 30 juillet, les responsables d’Eglise avaient réitéré leur appel à rejeter le projet de Constitution.
«Il est vrai que ce projet propose de nombreuses améliorations positives, mais les bons éléments ont été mélangés à des éléments néfastes qui affectent fondamentalement la vie morale et les droits de ce pays, et ceci de manière irréversible», avaient-ils indiqué.
Ils avaient par ailleurs averti que, quel que soit le résultat, le pays se retrouverait divisé et qu’il aurait besoin de guérison et de réconciliation. Plusieurs responsables d’Eglise à la retraite ont cependant pris leurs distances avec leurs successeurs en cherchant à mobiliser les citoyens en faveur de la Constitution. Celle-ci remplacerait la loi fondamentale qui est en vigueur depuis que le pays a obtenu son indépendance du Royaume-Uni, en 1963. (apic/eni/be)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse