Des représentants musulmans se réfèrent au principe de la liberté de religion
St-Gall, 8 août 2010 (Apic) L’interdiction de tout couvre-chef à l’école, qui vise évidemment le port du voile islamique, que vient de demander le Conseil de l’éducation saint-gallois – la plus haute instance pour les questions scolaires du canton de Suisse orientale – suscite des réactions contrastées. Hisham Maizar, président de la Fédération des organisations islamiques de Suisse (FOIS), a ainsi affirmé samedi 7 août dans le quotidien saint-Gallois «St. Galler Tagblatt» qu’une telle interdiction ne résoudrait aucun problème.
Hisham Maizar, un médecin qui vit depuis 1980 à Roggwil (Thurgovie), critique la demande faite par le Conseil de l’éducation saint-gallois aux communes du canton d’édicter un règlement prévoyant l’interdiction de tout couvre-chef à l’école. Cette recommandation vise sans conteste le port du voile islamique, estime Hisham Maizar, même si officiellement elle demande l’interdiction de tous les couvre-chef. Il ne connaît que trois ou quatre cas dans tout le canton où le port du voile à l’école a conduit à des conflits.
Pour Hisham Maizar, qui considère que le voile est un symbole religieux, il s’agit ici bel et bien de l’expression de la pratique d’une foi. Se basant sur le droit constitutionnel au libre exercice de la religion, et aurait souhaité que dans les quelques cas problématiques on mette l’accent sur le dialogue.
La ville de St-Gall connaît déjà depuis déjà près de deux ans une interdiction du port des couvre-chefs de toutes sortes à l’école, avec cependant des exceptions pour celles qui les portent pour des motifs religieux. On veut éviter ainsi des conflits de loyauté chez les jeunes filles concernées. Dans ce cas, on examine au plus près si la fille veut porter le voile de façon volontaire ou s’il y a une contrainte sociale en arrière-plan. De plus, les autorités scolaires dialoguent avec un imam qui connaît la famille. Comme le précise au quotidien saint-gallois le responsable des écoles publiques de la ville, Christian Crottogini, la fille concernée qui reçoit la permission de porter le voile à l’école doit le porter de manipre conséquente. Actuellement, il n’y a que cinq élèves concernées pour toute la ville de St-Gall.
Naim Cherni, secrétaire général du Conseil central islamique suisse (CCIS), présidé par le très médiatique Biennois Nicolas Blancho, a déclaré au «Sonntag» (édition dominicale du 8 août de la «Mittellandzeitung»), qu’il allait utiliser «tous les moyens légaux» pour combattre une telle interdiction. «Si nécessaire, nous irons jusqu’au Tribunal fédéral et créerons ainsi un précédent». (apic/kipa/pem/be)
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