Ils suscitent le rejet de l’élite intellectuelle, mais sont enracinés dans les milieux traditionalistes
New Delhi, 9 août 2010 (Apic) Face ces derniers mois à une inquiétante vague de crimes appelés «crimes d’honneur» – souvent incités par des khap panchayats, des «conseils de caste» qui prétendent veiller sur l’honneur de la communauté – le gouvernement indien a finalement décidé de réagir. Le ministre de l’Intérieur indien Palaniappan Chidambaram a proposé la semaine dernière au Parlement de New Delhi un projet de loi pour punir les auteurs de «crimes d’honneur», affirmant qu’ils jetaient le «déshonneur» sur le pays.
Ces derniers mois, les journaux indiens ont rapporté un nombre croissant de cas de ce type de crimes, souvent commis à l’encontre de jeunes couples par des membres de la famille pour empêcher le mariage de l’un d’eux avec un partenaire d’une caste inférieure. Ces assassinats tolérés dans certains milieux et régions traditionalistes suscitent la réprobation de l’élite intellectuelle. «Ces cas jettent le déshonneur sur les familles, la communauté et le pays», a déclaré le ministre de l’Intérieur Palaniappan Chidambaram.
Le ministre a indiqué qu’il espérait présenter lors de la session parlementaire en cours un projet de loi amendant la législation actuelle pour cibler ces cas précis avec des peines «d’une plus grande sévérité». Les soi-disant «crimes d’honneur» sont souvent excusés, voire encouragés par des conseils de village, une pratique que le projet de loi voudrait criminaliser. «Quel que soit l’auteur, individuel ou collectif, il devra être puni», a déclaré le ministre. «Nous vivons au 21e siècle et il est nécessaire d’amender la loi actuelle, la loi doit refléter ce que le 21e siècle exige», a-t-il ajouté.
Aucun chiffre officiel n’est disponible mais selon une récente enquête indépendante citée par l’organisation Human Rights Watch (HRW), environ 900 jeunes meurent chaque année dans les Etats de l’Haryana, du Punjab et de l’Uttar Pradesh, dans le nord du pays. Mais de nombreux autres cas ne sont pas rapportés à la police et les hommes politiques locaux ferment les yeux sur ce que certains considèrent comme une forme acceptable de justice traditionnelle.
L’Inde, nation démocratique à la remarquable croissance économique, est l’héritière d’un ancien système complexe de stratification sociale, celui des castes, qui traverse toujours la société moderne en dépit de la volonté de la jeune génération de s’en émanciper. (apic/rvm/be)
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