Malawi: Le pouvoir en place ne veut pas d’une femme à la présidence

Les responsables religieux du pays déplorent et condamnent cette attitude

Blantyre, 9 août 2010 (Apic) Les responsables religieux du Malawi, estiment que le pays peut avoir une femme à la présidence. Selon eux, les propos tenus par le Parti progressiste démocratique, au pouvoir, selon lesquels ce pays d’Afrique australe n’est pas prêt à avoir une femme à sa tête, constituent une attaque à l’encontre de la vice-présidente du pays.

« Si le Libéria a une femme pour président, qu’est-ce qui empêche le Malawi d’en avoir une? » a déclaré dans le journal Daily Times le cheikh Yusuf Kanyamula, président de l’Association musulmane du Malawi, cité par l’Agence ENI.

Le cheikh Kanyamula réagissait à l’annonce faite par le parti au pouvoir, qui a fait savoir que son comité pour la région sud a désigné Peter Mutharika, professeur de droit et frère du président Bingu wa Mutharika, comme candidat du parti pour les élections présidentielles prévues pour 2014.

Ce faisant, le comité mettait sur la touche la vice-présidente Joyce Banda, justifiant son choix en prétendant que des études « prouvent que le pays n’est pas prêt à être dirigé par une femme ».

Joyce Banda est devenue vice-présidente après avoir été choisie comme colistière par Bingu wa Mutharika pour l’élection de 2009. Toutefois, selon certains médias, le gouvernement est en train de l’écarter en faveur du frère du président, en prévision des élections de 2014. Ces dernières semaines, la radio publique répand elle aussi l’idée selon laquelle le pays n’est pas prêt à avoir une présidente.

Le Comité des affaires publiques (PAC), groupement d’organisations religieuses, a critiqué la « Malawi Broadcasting Corporation », la radio d’Etat, pour avoir fait la promotion de cette idée. « Le PAC est préoccupé par les déclarations faites à l’encontre de Mme Banda, en particulier par celles émanant des médias publics », a affirmé Peter Chinoko, membre du conseil du Comité, à Salima, dans le centre du pays. « C’est une agression verbale et une forme particulière de violence sexiste. »

Les membres du PAC sont issus du Conseil des Eglises du Malawi: la Conférence épiscopale, l’Association évangélique, l’Association musulmane et l’Association musulmane Quadria.

Le Conseil des organisations non gouvernementales du Malawi a indiqué dans un communiqué que n’importe quelle femme a le droit de briguer un poste gouvernemental, quel qu’il soit. « Le Malawi a signé le protocole de l’Union africaine sur la campagne 50:50, qui encourage l’accession des femmes à des postes clés, et le Malawi a accompli de grandes avancées dans ce domaine », a affirmé le Conseil. (apic/eni/pr)

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