Echanges de vues entre le président François Bozize et le nonce apostolique
Bangui, 11 août 2010 (Apic) La situation de l’Eglise catholique de Centrafrique a été au centre des discussions, en début de semaine, entre le président centrafricain, François Bozizé, et le nonce apostolique local, Mgr Judes Thaddeus Okolo.
Depuis 2009, l’Eglise catholique traverse une crise, marquée par la « démission » de Mgr Paulin Pomodimo, archevêque de Bangui sur forte pression du Vatican pour « faute lourde ». A la suite de cette démission, le Saint-siège avait nommé un administrateur apostolique en la personne du père Nzapa-La-Ayinga, qui était en service à la paroisse Notre-Dame d’Afrique de Bangui. Il jouissait d’une bonne réputation auprès des catholiques. Les évêques centrafricains avaient protesté contre ce choix, déclenchant un mouvement de grève chez les prêtres.
Une « source proche » de la présidence de la république centrafricaine, citée par l’agence d’information en ligne spécialisée sur l’Afrique centrale : www.africa-info.org, lors des discussions entre le chef de l’Etat centrafricain et le nonce apostolique, a déclarée que « la situation de l’Eglise catholique en Centrafrique, marquée par l’indiscipline de certains membres du clergé a été examinée ».
Le président Bozizé entendait «avoir une idée sur la situation de l’Eglise catholique » dans le pays, a indiqué Mgr Okolo, à l’issue de l’entretien. Ajoutant : « Je lui ai donné des assurances quant au calme qui règne dans l’Eglise, et lui ai dit que le Saint- Père prête son attention paternelle et cordiale au peuple centrafricain, surtout aux églises en Centrafrique. Pour ce qui est des sanctions, a-t-il poursuivi, le Vatican concilie la justice et la miséricorde. Car, à son avis, les deux vont ensemble ».
« Dire que nous allons chasser tous les prêtres n’est pas juste. Ce sont les journaux qui répandent cette nouvelle», a encore déclaré le nonce apostolique, tout en rappelant que « que quelques prêtres avaient été déjà sanctionnés pour des fautes commises. Parce que dans l’Eglise, il faut instaurer une discipline».
« Les prêtres ne doivent pas utiliser l’argent du pauvre à d’autres fins. Cela n’est pas juste », a enfin fait observer Mgr Judes Thadeus Okolo dont l’audience avec le président François Bozizé a eu lieu au lendemain d’une rencontre présidée lundi 9 août par le nonce avec tous les prêtres centrafricains.
Les prêtres catholiques de Centrafrique, entrés en «grève» avaient mis fin à leur action fin mai 2009. Ils manifestaient contre «la démission» de l’archevêque de Bangui, Mgr Paulin Pomodimo. Le Vatican ayant annoncé quelques jours plus tard la décision d’accepter cette démission prise en conformité avec le canon 401 § 2 du Code de droit canonique, selon lequel «l’évêque diocésain qui, pour une raison de santé ou pour toute autre cause grave, ne pourrait plus remplir convenablement son office, est instamment prié de présenter la renonciation à cet office».
La presse centrafricaine évoquait alors à ce propos «la question cruciale du célibat des prêtres». «Dans pratiquement tous les diocèses et la plupart des paroisses, des séculiers et des réguliers entretiennent des foyers avec femmes et enfants. Si les enfants ne portent pas le nom du père, par pudeur, des frères et des soeurs de l’abbé ou du prêtre sont là pour s’en occuper. La République Centrafricaine n’est pas le seul pays dans ce cas, mais la contagion a atteint tous les autres Etats africains», écrit ainsi le quotidien indépendant «Le Confident» à Bangui.
Les prêtres diocésains de République centrafricaine dénonçaient en outre la mainmise de certains missionnaires expatriés dans toutes les instances de responsabilité de l’Eglise de Centrafrique».
En tout, deux évêques de République Centrafricaine, dont l’archevêque de la capitale et président de la Conférence épiscopale, avaient successivement de démissionner, accusés par Rome d’infidélité à leurs promesses de chasteté, de pauvreté et d’obéissance. Selon des informations recueillies par l’agence I.MEDIA à Rome, ces évêques seraient ainsi soupçonnés de «fréquenter» des femmes et d’avoir des enfants. (apic/ibc/arch/pr)
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