Jura: Pétition de catholiques engagés pour permettre à un homme marié d’être prêtre

Une centaine de signatures d’ores et déjà recueillies

Delémont, 12 août 2010 (Apic) Deux citoyens jurassiens, engagés dans l’Eglise catholique, ont lancé une pétition qui vise à permettre à des hommes mariés de devenir prêtre, révèle Le Matin dans son édition du jeudi 12 août. La pétition a déjà recueilli une centaine de signatures.

L’objectif de ces deux Jurassiens est claire: il faut faire avance le débat. Jean-Paul Miserez et Jean-Pierre Bendit s’inquiètent du manque de curés dans leur région. Les deux sont des catholiques pratiquants engagés dans leur paroisse. Ils estiment qu’un homme marié peut avoir une vie de famille et rester disponible pour les fidèles.

«C’est un souci pour nos communautés catholiques de voir qu’il y a de moins en moins de prêtres pour célébrer la messe. D’autant plus que nous disposons d’un nombre important d’assistants pastoraux et de diacres qui ont fait leurs preuves et qui ont suivi la même formation que les prêtres», explique Jean-Paul Miserez, ingénieur géomètre de Delémont, dans le commentaire cité par le quotidien vaudois. Problème de taille: ceux-ci sont mariés et ne peuvent par conséquent être ordonnés prêtres.

«Il y a dix ans à Courgenay, en Ajoie, il y avait huit messes par mois. Aujourd’hui, il n’y en a plus que deux», déplore pour sa part Jean-Pierre Bendit, ingénieur en microtechnique.

Les deux pétitionnaires réclament un changement, sans pour autant semer le trouble. Leur pétition indique qu’il ne s’agit pas de lutter contre le célibat des prêtres, «qui a des qualités incontestables et incontestées», mais de lancer le débat. Débat par ailleurs largement répandu dans le monde.

Selon Le Matin, cette pétition ne trouve pas le soutien de Nicolas Betticher, vicaire générale du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg. Il relève qu’une demande avait déjà été faite en 2000 via la Conférence suisse des évêques, sans réponse aucune du Vatican. «Ce qui me gêne un peu dans cette démarche, c’est que l’on déploie beaucoup d’énergie alors que l’on sait que le Saint-Siège ne semble pas vouloir traiter cette question pour l’instant. C’est en outre une question qui peut diviser les communautés». Le vicaire générale du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg déclare en outre, toujours selon le quotidien vaudois, que l’Eglise «est une famille mondiale, nous devons aller au rythme de l’Eglise universelle».

Claude Ducarroz, prévôt de la cathédrale de Fribourg, interpellé lui aussi, dit partager la préoccupation des pétitionnaires. Depuis 1975, dit-il, les catholiques suisses demandent que cette question soit étudiée. Cette demande «émane d’un réflexe de foi et d’amour de l’Eglise. Cela amènerait une manière complémentaire d’être prêtre».

Le Matin est également allé chercher l’avis d’un homme de terrain. Philippe Charmillot, responsable de l’unité pastorale du Noirmont et des Bois, dans les Franches-Montagnes jurassiennes, salue cette initiative car elle émane de la «base». «Je vis au quotidien la recherche d’harmonie entre vie familiale et service à la communauté. Et je peux concilier les deux, même en étant marié et père de quatre filles». (apic/lm/pr)

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