Zambie: L’ex-président Chiluba a été blanchi par la Haute cour de justice de Lusaka

Un pas en arrière dans la lutte contre la corruption

Lusaka, 18 août 2010 (Apic) Avec la décision de la Haute cour de Lusaka, en Zambie, favorable à l’ex-président corrompu Chiluba, le pays a fait un pas en arrière dans sa lutte contre la corruption, estime l’opposition.

Un pas en arrière dans la lutte contre la corruption: telle est l’impression suscitée au sein de l’opposition politique par le verdict de cette Haute cour de Lusaka qui a dernièrement annulé une décision judiciaire qui aurait obligé l’ex-président Frederick Chiluba, condamné à l’étranger pour détournement de deniers publics, à rembourser l’État.

En 2007, la magistrature anglaise avait ordonné à l’intéressé, au pouvoir de 1991 à 2001, de rembourser les 36 millions d’euros qu’il avait détournés avec la complicité de ses collaborateurs les plus proches.

La Haute cour de Lusaka a néanmoins précisé que la législation zambienne ne contenait aucune disposition susceptible de rendre obligatoires les décisions de la justice anglaise, suscitant les virulentes critiques des leaders du Front patriotique (Pf, opposition).

«C’est une honte et un scandale que ceux-là mêmes qui avaient agi pour tenter de récupérer ces fonds en faveur du peuple zambien défendent maintenant Chiluba», s’est insurgé Given Lubinda, cité par Misna, leader du Pf, appelant l’État à recourir devant la Cour de cassation.

En effet, les avocats de l’État ont eux-mêmes saisi la justice britannique dans la mesure où les fonds publics détournés par l’ex-président avaient été blanchis au sein de deux compagnies londoniennes. Dans le cadre d’un autre procès intenté en Zambie il y a sept ans et terminé en juillet 2009, Chiluba avait été acquitté des charges de corruption relatives à une somme de 350’000 euros. En revanche, lors de ce même procès, deux de ses associés furent condamnés à trois ans de réclusion tandis que son épouse Regina avait été jugée coupable pour avoir accepté de son mari trois propriétés foncières dans la province de la Copperbelt (Centre Nord).

Selon le Pf, le président Rupiah Banda aurait fait pression sur la Haute cour pour obtenir l’acquittement de Chiluba et conserver ainsi le soutien des partisans de celui-ci en vue de la présidentielle de 2011.

Le procès de Chiluba s’inscrivait dans le cadre des dispositions prises par feu le président Levy Mwanawasa (décédé en 2008) fortement engagé dans la lutte contre la corruption. En raison des préoccupations relatives à la corruption diffuse, les États donateurs ont suspendu leurs aides à la Zambie par trois fois au cours des 18 derniers mois. (apic/misna/pr)

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