Soudan: Pas d’indépendance du Sud-Soudan

Les Eglises n’en veulent pas

Nairobi, 19 août 2010 (Apic)- Le pasteur Samuel Kobia, ancien secrétaire général du Conseil œcuménique des Eglises (COE), affirme que le référendum prévu en janvier sur l’avenir du Sud-Soudan doit impérativement avoir lieu, afin d’empêcher cette région de déclarer elle-même son indépendance.

«Une DUI (déclaration unilatérale d’indépendance) serait la dernière chose que les Eglises voudraient voir. Elle doit être évitée coûte que coûte», a déclaré à la presse à Nairobi le 17 août le pasteur Kobia, aujourd’hui envoyé œcuménique spécial de la Conférence des Eglises de toute l’Afrique (CETA) pour le Soudan.

Samuel Kobia a tenu ses propos alors que les dirigeants du Sud-Soudan n’ont de cesse de répéter qu’ils déclareront unilatéralement l’indépendance le 10 janvier 2011 si le référendum n’est pas organisé la veille. Le 9 janvier est la date prévue par l’Accord de paix global, signé à Nairobi en 2005. Cet accord scellait la fin d’une guerre civile de 21 ans qui a coûté la vie à plus de deux millions de personnes.

Crainte d’une division

Le pasteur méthodiste kenyan, qui a quitté son poste à la tête du COE en décembre, a averti qu’une DUI serait dangereuse, car elle diviserait l’Afrique et la communauté internationale.

«Il est évident que, pour la population, il n’y a pas de manière aussi honorable et crédible d’exercer son droit à l’autodétermination … Ce droit serait exercé dignement dans le cadre d’un référendum, car celui-ci permettrait aux gens de s’en remettre à leur conscience pour décider l’avenir et la destinée du Soudan», a déclaré le pasteur Kobia.

Il a mis en garde contre les tentatives délibérées visant à faire échouer le processus de manière à donner l’impression que le référendum ne pourrait pas avoir lieu pour des raisons techniques. L’envoyé spécial des Eglises africaines a expliqué qu’une Commission référendaire avait été constituée trois ans après la signature de l’accord de paix, mais qu’elle n’est encore pas complètement opérationnelle.

Le pasteur Kobia a été nommé à son poste à la CETA, qui est étroitement liée au COE, en consultation avec le Forum œcuménique du Soudan (SEF).

«On m’a demandé – et j’ai accepté – d’être l’envoyé spécial au Soudan, un poste créé en mai de cette année. La CETA, le COE et le SEF ont répondu à une requête du Conseil des Eglises du Soudan et d’Eglises soudanaises, qui leur demandaient de les accompagner tout au long de cette étape cruciale de l’histoire du Soudan», a déclaré le pasteur Kobia.

Son rôle consiste à maintenir les efforts diplomatiques afin d’empêcher l’échec de l’Accord, en faisant participer le Mouvement populaire de libération du Soudan et le gouvernement soudanais, qui ont tous deux signé l’Accord global, ainsi que d’autres acteurs.

«On a vu qu’il était urgent d’avoir un envoyé spécial pour le Soudan, parce que le pays traverse une situation particulière, qui exige une attention œcuménique particulière», a déclaré le secrétaire général de la CETA, le pasteur André Karamaga, qui a travaillé avec Samuel Kobia au COE.

Interrogé sur sa position concernant le référendum, le pasteur Kobia a affirmé ne pas prendre parti. Certains partisans de l’indépendance du Sud-Soudan ont critiqué sa nomination, affirmant qu’il s’oppose à l’indépendance.

«Ce que je veux voir, c’est un exercice politique permettant à la population du sud du Soudan de jouir de la liberté, de la justice et de la vie dans la dignité, et je pense que c’est cela le plus important», a déclaré le pasteur Kobia.(apic/eni/js)

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