L’ONU condamne cet acte « horrible »: Kinshasa minimise avec cynisme
New-York/Kinshasa, 27 août 2010 (Apic) L’ONU a condamné jeudi 26 août une série de viols massifs de près de 200 femmes et enfants au Nord-Kivu, en République démocratique du Congo (RDC), entre le 30 juillet et le 3 août derniers dans l’est du pays, le qualifiant de « horrible ».
Selon les médias internationaux, le Secrétaire général des Nations-Unies, Ban Ki-moon, s’est dit « indigné » par ces agressions, confirmant qu’au moins 154 civils congolais en ont été victimes lors d’une offensive menée par des miliciens Maï-Maï et des insurgés hutus des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).
Pour la suédoise Margot Wallström, représentante spéciale de l’ONU pour la violence sexuelle dans les conflits, ces viols sont « un cas extrême, compte tenu de l’ampleur et du niveau d’organisation des attaques ». « Cet incident terrible confirme mes conclusions générales du caractère généralisé et systématique des viols et des violations des autres droits de l’Homme », a-t-elle déclaré mardi dernier.
En avril dernier, elle s’était déjà fortement émue de l’ampleur des viols en RDC, au point de présenter le pays comme la « capitale mondiale du viol ».
Les Etats-Unis ont annoncé qu’ils réagiraient à ces viols massifs. Selon la Secrétaire d’Etat, Washington fera tout son possible pour que les auteurs de ces actes « rendent des comptes ». Si la législation congolaise en matière de violences sexuelles est l’une des plus progressistes d’Afrique, peu de violeurs sont poursuivis en justice. « Depuis un an, il y a un peu plus d’actions en justice et de condamnations, notamment contre les militaires », a reconnu Ellie Kemp, porte-parole d’OXFAM international. « Nous sommes encore très loin de la tolérance zéro annoncée par le gouvernement en la matière, mais on observe des progrès », a-t-elle ajouté.
En avril dernier, Oxfam International et The Harvard Humanitarian Initiative, avaient publié un rapport, basé sur les témoignages de plus de 4’000 femmes violées. Dans ce document, 60 % des victimes ont déclaré avoir été attaquées par des bandes d’hommes armés. Les agressions commises par les civils sont, cependant, en forte progression, relève le document : plus de la moitié des viols ont eu lieu au sein même du foyer familial.
Le gouvernement congolais a minimisé a de son côté jeudi l’ampleur des viols commis sur son sol, soulignant avec cynisme que des «progrès» ont été accomplis, en réponse à de récents chiffres de l’ONU. (apic/ibc/pr)
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