Afrique du Sud: Grèves, violences, chômage et précarité ont repris le dessus
Le Cap, 29 août 2010 (Apic) «L’Afrique du Sud vit un moment difficile, la situation n’est plus tranquille comme autrefois». C’est ce qu’a affirmé le 27 août à l’agence catholique Fides le Père Mario Tessarotto, missionnaire scalabrinien qui, au Cap, aide les réfugiés venant d’autres pays africains.
Depuis deux semaines les travailleurs des secteurs médical et scolaire sont en grève pour demander une augmentation de salaire. Se sont ajoutés les travailleurs d’autres secteurs publics, créant un grand malaise notamment pour les plus faibles. La Southern African Catholic Bishops’ Conference (SACBC), par une déclaration signée par le cardinal Wilfrid Napier, archevêque de Durban, avait récemment dénoncé le manque d’assistance dans les hôpitaux.
«Aujourd’hui au Cap les écoles sont même fermées, à la différence des autres jours, où un bonne partie des enseignants étaient allés faire leurs cours. Cela parce que les professeurs qui se rendent à l’école craignent d’être l’objet de représailles, comme par exemple d’avoir leur voiture brûlée par les extrémistes de la lutte syndicale» explique le Père Mario. «Les revendications du personnel médical et du corps enseignant sont sacro-saintes, car leurs salaires sont très bas, au point que beaucoup d’entre eux ne réussissent pas à payer leur loyer. La lutte syndicale a cependant pris une tournure violente qui est inquiétante», affirme le missionnaire. «On ressent un climat de tension sociale qui ne laisse rien présager de bon. Pendant les Mondiaux de foot, je disais que les stades vides se rempliraient par la peur des gens, car je ressentais cette agitation sociale qui était encore latente».
Le Père Mario explique que «les disparités économiques entre l’élite dirigeante, même celle syndicale, et la population, on créé un contraste criant. Officiellement le taux de chômage en Afrique du Sud est de 28%, en réalité il est au moins de 40%, si l’on tient compte des emplois précaires ou improvisés, comme les gardiens de parking abusifs, qui arrivent à réunir maximum 5 euros par jour». «Enfin, dans le pays, trop d’armes continuent à circuler. Les vols violents sont à l’ordre du jour et la criminalité est dominante. Une situation qui doit être affrontée par tous les sud-africains en regardant le bien commun et non l’intérêt personnel ou de groupe » conclut le Père Mario. (apic/fides/bb)
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