L’islam, les nouveaux mouvements et les intérêts commerciaux
Riddes, 28 août 2010 (Apic) Une cinquantaine de missionnaires valaisans en congé se sont retrouvés samedi 28 août pour leur traditionnelle journée de rencontre. La réflexion a notamment porté sur l’islam et les sectes chrétiennes. Mais aussi sur les intérêts commerciaux de confrères étrangers favorisant le développement de multinationales.
La journée, organisée par la Fédération des centres missionnaires du Valais, a rassemblé près d’une cinquantaine de missionnaires – prêtres, religieux, religieuses et laïcs – en activité dans des différents pays dont l’Inde, le Gabon, le Togo, le Cameroun, Madagascar, le Congo Brazzaville, la République Démocratique du Congo (RDC), le Burundi, le Rwanda, l’Ouganda, l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire et le Bénin. Ils sont partis par le téléphérique de Riddes à Isérables, où ils ont abordé les enjeux actuels de la mission et partagé leurs expériences pastorales.
Au programme de cette journée missionnaire figurait balade fraternelle, témoignages, échanges et partages d’expériences pastorales. Les participants ont partagé avec leurs familles la réalité, tant pastorale, culturelle que socio-politique, qu’ils vivent quotidiennement dans leurs pays de mission.
Les missionnaires ont évoqué les grands défis actuels de la mission, dont l’implantation croissante de l’Islam dans les pays chrétiens, le rôle des multinationales dans les pays pauvres ou en voie de développement et le prosélytisme menaçant de nombreuses nouvelles Eglises dites communément sectes ou nouveaux mouvements religieux.
›’Aujourd’hui, les sectes à conviction politique naissent et prolifèrent comme des champignons en République Démocratique du Congo (RDC). Et les multinationales qui se cachent derrière leur statut ambigu recrutent l’islam. Elles financent et octroient gratuitement de nombreuses bourses d’études aux jeunes dans le but d’estropier les Eglises catholique et protestante’, a affirmé le Père Adrien vivant à Bukavu, à l’Est de la RDC. Cela représente un grand défi auquel l’Eglise ne semble pas maîtriser les mécanismes et les conséquences à long terme, ajoute-t-il avant de souligner que le clergé du Congo, en particulier celui du diocèse de Bukavu, a adopté comme devise: l’Eglise ne se mettra à genoux qu’uniquement devant le Saint-Sacrement et non pas devant les armes’’.
Le Père Lucien Favre, travaillant depuis 18 ans au Congo Brazzaville auprès des pygmées, a relevé que quelquefois des religieux occidentaux eux aussi usent de leur statut de missionnaires pour des intérêts coloniaux. ›’Certains religieux comme par, exemple des Français, travaillent conjointement avec les multinationales’’, fait-il remarquer. ››Ils oublient que ce qui est au cœur de la mission c’est de faire grandir l’autre et usent malheureusement de leur statut de religieux pour exploiter en collaboration avec les multinationales des richesses des pays africains dont le Congo Kinshasa et le Brazzaville où je travaille», s’indigne ce jeune prêtre valaisan. Ils contribuent ainsi, dit-il, au malheur et au malaise de ces pays en voie de développement. Mais aussi ternissent l’image de l’Eglise et de la Mission, en général, ajout-t-il.
Comme l’a rappelé le chanoine Michel Ambroise Rey, de Saint-Maurice, délégué à la Mission, l’idée de cette traditionnelle journée rencontre des Missionnaire en congé remonte aux années 1950. ›De très nombreux missionnaires valaisans revenaient alors de pays de mission pour leurs vacances après avoir passé parfois dix ans, voire plus, sans avoir rencontré leurs familles, leurs paroisses d’origine, leur évêque et leurs confrères de communautés religieuses’’, se rappelle encore ce délégué à la Mission qui fut l’un des initiateurs de la première heure. ›’Les voyages, poursuit-il, étaient rares et très coûteux. La guerre mondiale avait laissé des traces très pénibles et douloureuses et l’économie peinait à redémarrer, si bien que c’était au compte goutte que les envoyés du Christ arrivaient pour des vacances très intéressées, car il fallait absolument travailler assidûment dans toutes les paroisses possibles pour obtenir des dons. Les conférences étaient nombreuses et le séjour souvent harassant. Ils étaient sollicités de toutes parts’’, relève ce chanoine de l’Abbaye de Saint-Maurice, qui fait aujourd’hui partie du comité d’organisation.
Mais l’idée de faire une journée de rencontre ne s’est pas tout de suite réalisée. Il a fallu attendre à peu près vingt ans. ›’C’est sous la mouvance du Concile Vatican II, et grâce au dynamisme des nombreux centres missionnaires et de la Fédération des Centres Missionnaires du Valais, que naquit l’idée de réunir tous les missionnaires prêtres, religieux et religieuses autour de l’évêque du diocèse durant une journée de rencontré’, a relevé le chanoine Michel Ambroise Rey.
Cette journée de rencontre des Missionnaire en congé se tient chaque année en Valais et intégre aujourd’hui les prêtres diocésains suisses et des prêtres étrangers œuvrant dans différentes paroisses romandes sous le statut de Fidei Donum (apic/ts/bb)
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