Une quarantaine de catholiques de Côn Dâu réfugiés en Thaïlande
Hanoi, 31 août 2010 (Apic) L’exode en Thaïlande d’un groupe d’une quarantaine de paroissiens de Côn Dâu, dans le diocèse de Da Nang, n’est pas resté sans répercussions sur leur parenté restée sur place. En effet, dans la soirée du 30 août, vers 23 heures, des agents de la Sécurité du district de Hoa Xuan (arrondissement de Cam Lê, ville de Da Nang) ont entamé une opération de contrôle des livrets de famille (Hô Khâu) auprès des parents des personnes qui se sont enfuies en Thaïlande. La paroisse de Côn Dâu est en effervescence depuis l’année dernière, quand la municipalité de Da Nang a décidé de mettre la main sur des terres de familles catholiques pour créer une zone de constructions financées par des investissements étrangers.
Les paroissiens ont choisi de fuir dans le pays voisin après l’attaque par des agents de la Sécurité publique d’un convoi funéraire le 4 mai dernier. Selon «Eglises d’Asie» (EdA), l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris (MEP), la police a finalement réagi plus de trois mois après le début de l’exode. Cette lenteur a une explication, souligne EdA, car ce n’est que tout récemment que cet exode, qui a débuté en mai, a été connu grâce aux médias internationaux, les demandeurs d’asile ayant vécu dans une totale clandestinité par crainte de la police.
Le sort des demandeurs d’asile de Con Dâu réfugiés en Thaïlande reste toutefois incertain. Le 26 août dernier, un porte-parole du Haut Commissariat aux réfugiés de l’ONU à Genève (HCR), André Mahecic, s’est entretenu avec des journalistes de la BBC à leur sujet. Il a déclaré que l’organisme des Nations Unies avait reçu la demande d’asile de 34 habitants du village de Côn Dâu qui vivent actuellement dans la clandestinité en Thaïlande.
Il a précisé que, depuis le mois de juin, le Haut Commissariat était au courant de la venue de ce groupe de Vietnamiens en Thaïlande. Les réfugiés ont été enregistrés comme demandeurs d’asile en deux fois, le 3 et le 21 juin. Vingt d’entre eux, dont certains représentaient plusieurs membres de leur famille, ont été entendus lors d’un premier entretien, afin de déterminer leur statut de réfugiés et d’estimer s’ils avaient ou non besoin de la protection internationale. Selon un porte-parole du HCR, l’organisme qui doit déterminer leur statut de réfugiés, les demandes d’asile en Thaïlande sont actuellement très nombreuses. Pour l’ensemble du pays, elles atteignent aujourd’hui environ 2’100 personnes. Les nouveaux arrivés sont donc automatiquement inscrits sur une liste d’attente.
André Mahecic a expliqué que si les réfugiés de Côn Dâu vivent aujourd’hui dans la clandestinité, c’est en raison de la législation actuelle du pays. Les demandeurs d’asile, dans quelque ville que ce soit, peuvent être arrêtés et internés pour une durée indéterminée. Aujourd’hui, d’ailleurs, 14 % d’entre eux sont arrêtés et emprisonnés. Il est donc normal que ces derniers essaient d’assurer leur sécurité pendant toute la période où leur demande est examinée par le Haut Commissariat, lequel ne peut s’opposer à la loi du pays.
Ces derniers temps, un peu partout, surtout aux Etats-Unis, personnalités et associations se sont mobilisées pour venir en aide aux paroissiens de Côn Dâu, qu’ils soient au Vietnam ou en Thaïlande. Le Congrès américain a condamné les violations des droits de l’homme commises à l’intérieur de cette paroisse catholique. Plusieurs membres du Congrès et des associations humanitaires comme Human Rights Watch interviennent activement pour que les demandeurs d’asile de Bangkok puissent être accueillis dans un pays tiers. (apic/eda/be)
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