Une question d’engagement de personne à personne
Rome, 31 2010 (Apic) Le Synode commun des Eglises vaudoise et méthodiste d’Italie a, en sa qualité d’organe directeur suprême des deux Eglises, accepté d’autoriser la bénédiction des couples homosexuels à l’église sous certaines conditions.août
Selon le président du Synode, Marco Bouchard, cette décision prise le 26 août est « un pas en avant clair et ferme à mettre dans un contexte qui devra être mieux défini, en particulier en ce qui concerne la relation entre les Eglises et les couples homosexuels. »
Après deux jours de débats à Torre Pellice, à 40 km de Turin, les 180 membres du Synode ont décidé par 105 voix contre neuf, et 22 abstentions, d’autoriser la bénédiction de couples homosexuels « là où l’Eglise locale est parvenue à un consensus mature et se montre respectueuse des différentes positions ».
Selon le communiqué du Synode, « comme on peut le voir dans l’Evangile, les paroles et la pratique de Jésus nous appellent à accepter chaque expérience et chaque choix marqués par l’amour de Dieu et adoptés librement et consciemment. »
Avant le Synode, un groupe de vaudois, dont un député italien, Lucio Malan, avait loué un encart publicitaire dans l’hebdomadaire protestant Riforma pour mettre en garde que la bénédiction des homosexuels risquait de diviser les Eglises et que les relations œcuméniques pourraient en pâtir.
Ce groupe a affirmé que la confession de foi vaudoise de 1655, « jamais modifiée par un quelconque Synode », considérait les Ecritures comme « la règle de notre foi et de notre vie ». Selon le groupe, de nombreux passages bibliques condamnent l’homosexualité.
D’autres représentants de l’Eglise vaudoise ont cependant indiqué que les références à l’homosexualité dans la Bible doivent être comprises en tenant compte des questions de la culture et de l’interprétation, afin d’éviter le danger du fondamentalisme biblique.
La pasteure Janique Perrin, de la commission de réflexion sur la foi et l’homosexualité, a rappelé qu’en 2007, lors d’une session commune de l’Assemblée baptiste d’Italie et du synode des Eglises méthodiste et vaudoise, un « accueil inconditionnel » des homosexuels avait été approuvé.
En signe de solidarité avec les homosexuels, des membres du Synode arboraient un triangle rose, symbole utilisé dans les camps de concentration nazis pour désigner les homosexuels.
Dans une interview avec l’agence de presse protestante italienne NEV avant le Synode, la pasteure Maria Bonafede, présidente de la Table vaudoise, c’est-à-dire le conseil exécutif de l’Eglise vaudoise, a abordé le thème de la bénédiction des couples homosexuels.
« La question ne porte pas sur l’accueil ou non des homosexuels dans nos Eglises … La question porte sur la bénédiction de l’union de personnes qui souhaitent témoigner devant Dieu et devant leur communauté de foi leur engagement dans une vie commune », a-t-elle déclaré. « Nous devons comprendre ce que signifie ’bénédiction’ dans la Bible et dans l’Eglise », a affirmé la pasteure Bonafede. « Manifestement, ce n’est pas synonyme de mariage, qui, pour nous protestants, n’est pas un sacrement, mais une question civile. »
L’Eglise vaudoise est issue d’un mouvement qui, au 12e siècle, était persécuté par l’Eglise catholique. Au 16e siècle, les vaudois ont fait cause commune avec la Réforme protestante de Jean Calvin. (apic/eni/js)
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