Le bien-être des pauvres n’est pas une priorité pour les dirigeants
New Delhi, 8 septembre 2010 (Apic) Des responsables d’Eglise de l’Inde dénoncent le gaspillage que représentent selon eux les milliards de dollars dépensés pour remettre à neuf la capitale, New Delhi, en vue des Jeux du Commonwealth en octobre.
« De grandes quantités d’argent public auraient pu êtres employées au service des pauvres, mais au lieu de cela on les gaspille pour les rues de Delhi », a déclaré au correspondant de l’agence ENI John Dayal, secrétaire général du Conseil chrétien de toute l’Inde, qui est basé à Delhi. « Les milieux politiques et les autorités ont une fois de plus prouvé que le bien-être des pauvres n’est pas une priorité pour eux », a souligné John Dayal, membre du Conseil national d’intégration, que préside le Premier ministre indien.
Le principal journal anglophone du pays, The Times of India, a publié le 1er septembre les résultats d’un sondage qui indique que 76% des habitants de Delhi ont le sentiment que les dépenses liées aux Jeux du Commonwealth sont injustifiées, et ils sont plus nombreux encore à s’inquiéter pour les conséquences de ces dépenses sur leurs impôts. Selon les dernières estimations, le gouvernement de Delhi a consacré près de 280 milliards de roupies indiennes (4,7 milliards d’euros) pour remettre à neuf les infrastructures de la ville, notamment en refaisant les trottoirs et en créant des pelouses le long des rues dans les quartiers chics.
A cette somme s’ajoutent les plus de 7 milliards d’euros mis dans les stades et les autres installations sportives pour ces jeux, auxquels participent les pays du Commonwealth du 3 au 14 octobre. Les Jeux du Commonwealth sont organisés tous les quatre ans.
Plus de la moitié des quelque 20 millions d’habitants de Delhi vivent dans des conditions déplorables, même si le niveau de vie est bien meilleur qu’à Mumbai ou Calcutta. « Cela prouve que les priorités du gouvernement ne sont pas les bonnes », a déploré l’archevêque catholique romain de Delhi, Mgr Vincent Concessao. « Nous ne nous opposons pas à la tenue des Jeux ici. Mais l’argent dont il est question doit être dépensé de façon rationnelle et réfléchie », a affirmé l’archevêque Concessao au correspondant d’ENI.
James Massey, pasteur de l’Eglise de l’Inde du Nord et directeur du Centre d’études sur les dalits/subalternes à New Delhi, a déclaré être consterné d’apprendre dans les journaux que sept milliards de roupies de fonds publics destinés à l’origine aux dalits, les basses castes considérées comme intouchables, ont été réaffectées aux Jeux du Commonwealth. « Accueillir des manifestations sportives, c’est une bonne chose. Mais cela ne devrait pas se faire aux dépens des pauvres et de leur bien-être », a déclaré le pasteur Massey, ancien membre de la Commission nationale pour les minorités, une structure autonome. « Nous aurions préféré qu’une bonne partie de ces dépenses faramineuses ait été consacrée à entraîner les sportifs, plutôt qu’à refaire à neuf de beaux trottoirs. » (apic/eni/bb)
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