Monde: Un sixième de la population mondiale a faim

Il est temps d’agir, estime des ONG chrétiennes

Genève, 15 avril 2010 (Apic) Lorsqu’un sixième de la population mondiale a faim, alors qu’il y a suffisamment à manger pour nourrir toute la planète, il est temps d’agir afin de s’attaquer aux causes fondamentales du problème, estime à Genève, l’Alliance œcuménique «agir ensemble» (EAA), qui fait campagne pour la justice alimentaire.

Dans un communiqué cité par l’Agence ENI, cette ONG estime que les récentes statistiques sur la faim dans le monde mettent en lumière le fait qu’un sixième de la population mondiale reste aux prises avec la crise alimentaire.

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM) ont annoncé le même jour qu’on estime à 925 millions le nombre de personnes souffrant de faim chronique en 2010, alors qu’il était estimé à plus de 1,2 milliard en 2009.

La publication des statistiques des organisations onusiennes sont intervenues à l’approche du Sommet des Nations Unies sur les Objectifs du millénaire pour le développement, qui se tient à New York du 20 au 22 septembre, et de la publication d’un rapport annuel de la FAO très attendu: «L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde».

La réunion de l’ONU doit passer en revue huit objectifs de développement devant être atteints avant 2015, notamment celui de réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim, par rapport à 1990.

Le rapport complet sur l’insécurité alimentaire, publié conjointement avec le PAM, comprend une section portant sur la faim dans les pays subissant une crise très longue. Il sera publié en octobre. Réagissant aux récentes statistiques, les membres de la campagne sur l’alimentation de l’EAA ont réitéré leurs appels à la lutte contre les causes sous-jacentes de la crise alimentaire.

«Les problèmes structurels et systémiques fondamentaux qui font que des gens ont faim dans un monde d’abondance demeurent et ils doivent être résolus», a déclaré Malcolm Damon, directeur exécutif du Réseau justice économique de l’Association des Conseils chrétiens d’Afrique australe. «Nous avons suffisamment de nourriture pour tout le monde», a affirmé José Pablo Prado Córdova, de l’Alliance mondiale des UCJG. «Ce n’est pas un problème de quantité; c’est un problème de distribution.»

Carolin Callenius, coordinatrice de la Campagne sur la sécurité alimentaire de l’organisation allemande Pain pour le monde, a souligné que la volatilité permanente des prix des denrées alimentaires contribue au niveau élevé de la faim dans le monde, qui «n’a rien à voir avec la production.»

«Les stratégies visant à lutter contre la faim ne doivent pas seulement être axées sur l’augmentation de la production et l’amélioration de l’efficacité de la production à grande échelle», a déclaré Carolin Callenius. «Les investissements doivent être orientés vers les gens qui cultivent de la nourriture sur moins de deux hectares, qui produisent leur propre nourriture pour leur famille et les gens qui les entourent. C’est là que sont les gens qui ont faim.»

Paul Hagerman, responsable des politiques de la Banque canadienne de grains, a appelé à investir dans l’agriculture «en mettant l’accent sur le droit des individus à la nourriture au lieu d’utiliser la nourriture comme une marchandise, ou la terre comme une marchandise, pour ceux qui ont les moyens de la contrôler.»

Le pasteur Tolbert Jallah, secrétaire général de l’Association des Conseils chrétiens et des Eglises d’Afrique de l’Ouest, a déclaré qu’en Afrique, les communautés qui souffrent de la faim sont cernées de richesses mais que même «entouré de ressources abondantes, le peuple de Dieu continue de mourir de faim». (apic/eni/pr)

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