France: Le fait religieux s’invite dans les formations universitaires

Bilan mitigé sur le marché du travail

Paris, 19 septembre 2010 Depuis des années maintenant sont apparues en France des formations professionnelles de niveau master sur les rapports entre les religions et la société, qui répondent à la nécessité de diverses professions de s’ouvrir à ces problématiques, indique « La Croix », dans un dossier consacré au phénomène.

« Le religieux est un sujet porteur », commente en effet Guy Trolliet, « formateur dans l’interculturel ». Agé de 54 ans, il est lui-même fraîchement diplômé du master professionnel « Religion et société » de l’Institut d’étude des sciences religieuses (IESR), créé en 2004 en partenariat avec l’École pratique des hautes études (EPHE), à Paris.

Déjà familier du phénomène religieux dans son parcours personnel, Guy Trolliet, s’était d’abord orienté vers un master de recherche en islamologie, avant d’opter pour cette formule plus « pro », afin d’ »ajouter une corde à mon arc », explique-t-il à « La Croix ».

Des cursus de recherche forment depuis longtemps sur un plan théorique des théologiens, ou des spécialistes de sociologie et d’histoire des religions. La création de masters professionnels depuis quelques années, comme à l’Institut d’études politiques (IEP) d’Aix-en-Provence en 2001, à l’IESR en 2004 ou à l’Institut catholique de Paris en 2010, répond à une autre attente : proposer à des étudiants de tous âges et d’horizons intellectuels et culturels très différents une sensibilisation au fait religieux, utile pour leur parcours professionnel.

Selon le quotidien catholique, la nouveauté de ces formations réside dans l’interdisciplinarité. Le thème du religieux y est effectivement abordé selon différents biais. Les étudiants suivent des cours d’histoire des religions, de sociologie, d’anthropologie, de géopolitique des aires religieuses, de droit, étudiant aussi bien le christianisme, le judaïsme, l’islam, l’hindouisme, que les nouveaux mouvements religieux ou les sectes.

« Il faut réhabiliter le champ d’étude des religions comme un champ d’étude normal », revendique Raphaël Lioger, responsable du master « Management interculturel et médiation religieuse » de l’IEP d’Aix-en-Provence.

En termes de débouchés sur le marché du travail, pour les jeunes générations qui font le pari de s’embarquer dans cette aventure, le bilan demeure cependant mitigé. La plupart des acteurs de ces masters considèrent qu’ils constituent un atout certain dans une formation, mais « à chacun de l’intégrer et de le valoriser sur son CV », estime Clément Pignon. Si elle est un excellent complément, la formation n’a pas encore de débouché propre. (apic/cx/poc/pr)

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