«Il prenait sur lui tout ce qui se passait dans le monde»

Fribourg: Mgr Genoud, un homme de contacts solitaire, selon Nicolas Betticher

Fribourg, 22 septembre 2010 (Apic) Mgr Bernard Genoud, évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, est décédé mardi soir à 17h30 à l’EMS de la Providence. Homme de contact tout en étant un grand solitaire, il prenait tout à cœur et a été écrasé par les affaires de pédophilie qui touchent l’Eglise, affirme le vicaire général Nicolas Betticher.

« Nous avons eu une séance du Conseil épiscopal mardi dernier (14 septembre). Tout le conseil est descendu à la Providence. Il participé à une partie de la séance, il a dîné avec nous. Et à partir de là, il a lâché prise progressivement. Un peu comme s’il avait accompli son mandat », affirme l’abbé Betticher, atteint par l’Apic. Mais c’est à partir de samedi matin que les forces de l’évêque ont vraiment décliné. « Lundi soir, le nonce apostolique l’a visité. Il était encore conscient. Hier (mardi) il est tombé dans le coma ». C’est entouré de son frère, de sa sœur, de son filleul et de ses proches collaborateurs de l’évêché qu’il est décédé en fin d’après-midi. L’évêché n’a pas voulu communiquer son décès avant mercredi matin « pour permettre à sa famille de prendre congé de lui sereinement et vivre le deuil dans le calme, sans la présence des médias », précise le vicaire général Betticher.

Quels étaient les principaux traits de sa personnalité? « C’était un homme populaire, proche des gens. Il aimait rencontrer les gens. Quelqu’un de très simple, et qui appréciait les choses les plus simples de la vie, sans chichis », souligne Nicolas Betticher. « Mais aussi un grand solitaire. Il a toujours vécu seul, jusqu’au bout. C’est ce qu’il souhaitait. C’était sa manière de puiser son énergie. Et c’était un homme bon, très bon. Peut-être trop bon parfois ».

Ecrasé par les affaires de pédophilie

N’était-il pas justement trop fragile pour affronter les difficultés liées à la charge d’évêque? « La charge d’évêque est extrêmement lourde pour n’importe quel homme », affirme le vicaire général. Ajoutant: « Mais c’est vrai qu’il était trop bon. Et quand on est trop bon, gouverner et prendre des décisions peut écraser. Il prenait tout à cœur ». « Depuis 2007, quand les affaires de pédophilie ont touché le diocèse, c’est un homme écrasé que l’on a vu. Il prenait sur lui tout ce qui se passait partout », poursuit Nicolas Betticher. « A un moment donné, j’ai vu l’homme s’effondrer progressivement. Il est resté très marqué par ces affaires de pédophilie dans l’Eglise, et ces révélations – pas forcément dans notre diocèse – l’ébranlaient complètement ». « Pour être évêque il faut une carapace énorme. Or, c’est un homme qui a porté lourdement son épiscopat, tout en faisant confiance à Celui qui l’avait placé ici. Il disait toujours: ’Je suis là parce que c’est le Seigneur qui m’a mis là. Et il me dira quand je devrai partir’. Tout en ayant foi en Dieu, c’est un homme qui a souffert », ajoute le vicaire général.

Un administrateur nommé dans les 8 jours

Et maintenant, il revient au Collège des Consulteurs, formé de six prêtres élus, de désigner dans les 8 jours un administrateur apostolique qui gérera les affaires courantes du diocèse durant la vacance, en attendant la nomination d’un nouvel évêque. « Mais, selon le droit canonique, il est possible aussi que ce soit le Saint-Siège qui nomme un administrateur diocésain apostolique », souligne Nicolas Betticher. (apic/bb)

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