Gaza: Les militaires israéliens ont pris le contrôle du catamaran Irene

Abordage par des unités de la marine de l’embarcation humanitaire

Le ministère israélien de la Défense, qui avait déjà rapporté l’abordage par deux unités de la marine de l’embarcation humanitaire partie dimanche de Chypre, a précisé que l’abordage s’est produit mardi vers 11 heures 30. Neuf militants pour les droits de l’homme de nationalité britannique, américaine, allemande et israélienne, se trouvent à bord du catamaran, dont le chargement consiste en du matériel sanitaire et médical et des jouets.

Contacté par l’Agence Misna, le capitaine du catamaran, Glyn Secker, qui avait déjà prévu l’abordage des militaires, avait estimé mardi matin peu avant l’intervention que les Israéliens allaient leur demander de mettre le cap sur le port d’Ashdod. «Nous refuserons», avait-il assuré, précisant que «nous n’opposerons aucune résistance active, afin de ne pas leur fournir de prétexte pour répéter les violences de mai contre la Flottille turque de la Liberté, qui avaient fait neuf victimes parmi les militants pour les droits de l’homme».

Lynne Segal qualifie quant à elle l’intervention de la marine de «mauvaise nouvelle», venant consolider les raisons de la lutte contre l’état de siège dans lequel se trouve la Bande de Gaza, dont les 1,5 millions d’habitants sont prisonniers de l’embargo qu’Israël maintient depuis plus de trois ans. Une incursion de l’aviation israélienne a causé la mort de trois jeunes âgés d’une vingtaine d’années lundi soir dans le secteur central de la Bande.

Selon les forces armées israéliennes, les victimes seraient des activistes «terroristes». L’agence de presse palestinienne Maan indique en outre qu’un missile s’est abattu sur une habitation dans le camp de réfugiés d’Al-Bureij, sans provoquer, semblerait-il, de victimes.

Ces faits surviennent alors que les pourparlers dits de paix, qui s’éternisent depuis des décennies s’enlisent une fois de plus avec la fin d’un moratoire théorique, puisque jamais vraiment respecté, grâce aux silences répétés de Washington et de l’Europe.

L’équipage du catamaran aspirait lui aussi avant tout à briser symboliquement le blocus contre la Bande et remettre une partie de son chargement au directeur du Programme de santé mentale (Gcmhp), Eyad Serraj, qui opère sur le territoire palestinien: les recherches de son groupe de travail indiquent que neuf enfants sur 10 dans la Bande de Gaza souffrent de troubles traumatiques depuis l’offensive israélienne «Plomb Durci» qui a causé de fin 2008 à début 2009 plus de 1400 victimes palestiniennes. (apic/misna/pr)

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