Russie: Vers un grand concile orthodoxe, en 2012?

Projet d’une réunion jamais aussi près de se réaliser

Moscou, 30 septembre 2010 (Apic) Le grand concile orthodoxe pourrait se tenir en 2012. Selon le quotidien «KLa Croix», le projet d’une réunion de toutes les familles de l’orthodoxie n’a jamais été aussi près de se réaliser.

La déclaration est passée quasi inaperçue. Elle est pourtant symptomatique de l’élan d’unité qui traverse actuellement le monde orthodoxe. En visite, le mois dernier, dans l’île d’Imbros – l’une des rares îles turques de la mer Égée –, le patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomeos a récemment annoncé que la préparation du grand concile panorthodoxe « touchait à sa fin ».

« Au début de l’année 2011, nous aurons, dans notre centre patriarcal à Genève, sans doute l’avant-dernière réunion du comité préparatoire du concile », a précisé le primat, cité par «La Croix», visiblement confiant quant à la tenue de ce rendez-vous historique, qui devrait permettre à l’Église orthodoxe, forte de ses 200 millions de fidèles, de redéfinir sa présence dans le monde.

De fait, ce fameux concile, que certains désignent ironiquement comme l’« Arlésienne de l’orthodoxie » pour railler sa lenteur, n’a jamais semblé si proche. On avance même la date de 2012. Pour autant, la prudence reste de mise. Car l’histoire a maintes fois prouvé que la mécanique conciliaire demeurait fragile et incertaine.

« Aux yeux des Orientaux, il n’y a pas eu de concile œcuménique depuis Nicée en 787 », rappelle le P. Bernard Le Léannec, assomptionniste, fin connaisseur de l’orthodoxie, qui fut pendant quinze ans curé de la paroisse Saint-Louis-des-Français à Moscou. Le projet d’un concile panorthodoxe, c’est-à-dire d’une « réunion officielle de toutes les familles issues du grand schisme d’Orient de 1054 », fut lancé au début des années 1960 par le patriarche œcuménique Athénagoras.

Les Églises orthodoxes se sont alors engagées à travailler ensemble et à s’accorder sur une série de sujets qui pouvaient être source de tensions entre elles – statut canonique de la diaspora, primauté du Patriarcat de Constantinople, critères d’indépendance et d’autonomie des Églises, hiérarchie entre les patriarcats. Ce dialogue avait fini par se crisper, sans pour autant s’interrompre, au cours des années 1990, conséquence de l’éclatement de l’URSS, de la difficulté des Églises de l’Est à tourner la page soviétique et de leur redéploiement sur la scène internationale, écrit François-Xavier Maigre.

En 1996, une violente querelle entre Moscou et Constantinople au sujet de l’Église en Estonie a encore plus gravement compromis les préparatifs du concile, à tel point que les deux Églises ont rompu pendant un certain temps la communion qui les unit…

Ces tensions sont aujourd’hui pratiquement digérées, assure Carol Saba, porte-parole de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France, qui observe depuis quelque temps « un climat d’entente très favorable entre les Églises », dû, selon lui, en grande partie au dynamisme pan orthodoxe instauré par le sommet des primats des Églises orthodoxes à Istanbul, en 2008. (apic/cx/fxm/pr)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/projet-d-une-reunion-jamais-aussi-pres-de-se-realiser/