Bilan contrasté
Vienne, 1er octobre 2010 (Apic) Les analyses officielles du Vatican et du Patriarcat de Moscou divergent à propos de la 12e réunion de la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l’Eglise catholique et l’Eglise orthodoxe qui s’est déroulée du 20 au 27 septembre à Vienne. Pendant une semaine, experts catholiques et orthodoxes ont travaillé sur la question controversée de la primauté du pape.
Dans l’après-midi du 30 septembre, Radio Vatican a ainsi évoqué une rencontre marquée par un «esprit d’amitié» et de «collaboration confiante» entre les 23 participants catholiques et les représentants de toutes les Eglises orthodoxes, exceptée celle de Bulgarie. Ils étaient emmenés par les deux co-présidents de cette commission : Mgr Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, côté catholique, et Jean Zizioulas, le métropolite de Pergame, côté orthodoxe.
La radio du pape a en outre rapporté la décision d’instituer une sous-commision «pour entamer une analyse des aspects théologiques et ecclésiologiques du Primat (du pape, ndlr) dans sa relation avec la synodalité». Positive, Radio Vatican a aussi souligné que la ville de Vienne avait constitué aux yeux des participants un «pont entre Est et Ouest avec une riche vie œcuménique».
Pour sa part, Moscou a donné un autre son de cloche au sujet de cette réunion, qui n’a produit, aux yeux du métropolite Hilarion Alfeyev, président du département des relations extérieures du Patriarcat, «aucune avancée significative».
Dans un communiqué publié le 27 septembre, le «numéro deux» de l’Eglise orthodoxe russe a également relevé la décision de la commission, sous l’impulsion des orthodoxes, de ne pas accorder de statut officiel au document de travail portant précisément sur «le rôle de l’évêque de Rome dans la Communion de l’Eglise au premier millénaire». Ce texte, dont la commission avait commencé à discuter à Paphos (Chypre) en octobre 2009, avait été rendu public par la presse italienne en janvier 2010, à l’insatisfaction de Rome et de Moscou, qui jugeaient qu’il n’avait «aucune autorité et aucun caractère officiel».
Une précision que le métropolite Hilarion a tenu à réitérer dans son communiqué, en qualifiant ce document d’»instrument de travail» auquel il a été nécessaire d’apporter de nombreuses modifications. Le principal grief de ce texte, aux yeux du prélat, est de «ne pas énoncer clairement que la juridiction de l’évêque de Rome ne s’étendait pas vers l’Orient pendant le premier millénaire».
La Commission mixte internationale pour le dialogue entre l’Eglise catholique et l’Eglise orthodoxe a d’ailleurs décidé de remettre la décision concernant le statut de ce texte à la prochaine réunion plénière, «vraisemblablement dans deux ans», a conclu le responsable russe. (apic/imedia/cp/amc)
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