Rome: L’autre curie de Benoît XVI

Beaucoup de nominations, mais des résultats contrastés

Rome, 3 octobre 2010 (Apic) L’imminente promotion du salésien Massimo Palombella comme nouveau maître de chœur de la Chapelle Sixtine est la dernière d’une série de nominations qui, en plus de cinq ans de pontificat de Joseph Ratzinger, ont changé la face visible de la curie au Vatican.

Il y a en effet deux curies autour du pape. L’une d’elles, que le grand public voit peu, est composée des dicastères classiques : la secrétairerie d’état, les congrégations, les conseils pontificaux. Les décisions finales de cette curie sont publiques, mais on voit et on sait peu de choses du travail qui précède ces décisions.

Une deuxième curie

Mais il y a aussi une curie qui, par nature, est plus tournée vers l’extérieur et plus visible. C’est celle des musées, de la bibliothèque, de la culture, du chœur pontifical, des médias. Une grande partie de l’activité de cette autre curie se déroule sous les yeux du grand public.

Nominations importantes au cours des 5 ans de pontificat de Benoît XVI

Dans la première de ses deux curies Benoît XVI a procédé, année après année, à des nominations importantes. À l’épreuve des faits, certaines ont donné des résultats inférieurs à ce que l’on en attendait : par exemple celles du cardinal Claudio Hummes à la congrégation pour le clergé et du cardinal Ivan Dias à la congrégation pour l’évangélisation des peuples. Une autre nomination d’une importance capitale, mais incertaine quant aux résultats et critiquée par beaucoup d’évêques et de conférences épiscopales, est celle du cardinal Tarcisio Bertone comme secrétaire d’état. D’autres encore, toutes récentes, sont très prometteuses mais il faudra attendre pour les évaluer : celles du cardinal Marc Ouellet à la congrégation pour les évêques et de l’archevêque Kurt Koch à l’œcuménisme.

Changements plus sensibles dans la 2ème curie

Mais c’est dans la seconde curie, la plus visible et la plus publique, que les changements les plus sensibles ont eu lieu. Là aussi, avec des points positifs et négatifs.

Dans le domaine des médias, il y a surtout eu la nomination, comme directeur de la salle de presse du Saint-Siège, du jésuite Federico Lombardi, qui est aussi directeur de la radio et de la télévision du Vatican.

Alors que l’on ne savait jamais si son prédécesseur, Joaquín Navarro-Valls, s’exprimait à titre personnel ou au nom du pape, en raison de ses contacts directs avec Jean Paul II, d’où d’insurmontables ambiguïtés, le Père Lombardi respecte impeccablement les limites de son rôle. À la salle de presse, il est toujours et seulement la voix officielle des autorités vaticanes, alors qu’à la radio il parle à titre personnel. Ainsi la parole de Benoît XVI est entendue dans toute sa netteté sans être jamais couverte ou interprétée par les interférences d’un présumé porte-parole.

La clarté et la mesure du Père Lombardi dans l’exercice de ses fonctions ont été mises encore plus en lumière dans les moments difficiles, comme dernièrement, quand l’Église et le pape ont été soumis à des vagues de critiques véhémentes. Des désastres en matière de communication se sont parfois produits : ce n’est pas à lui que l’on peut les imputer, mais seulement aux autorités vaticanes, en particulier à la secrétairerie d’état dont il dépend directement. On l’a constaté, par exemple, dans l’affaire Williamson. (apic/ag/js)

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