Rome : Prochaine canonisation de Mary MacKillop

Une sainte patronne des victimes d’abus ?

Rome, 4 octobre 2010 (Apic) Mère Mary MacKillop, la première sainte née en Australie sera canonisée le 17 octobre. Le débat autour de sa brève excommunication répond aux préoccupations actuelles, en écho au scandale des abus sexuels qui a ébranlé l’Eglise catholique en 2010.

L’agence de presse ENI relate que Mary MacKillop, née en 1842 et décédée en 1909, est la cofondatrice des Sœurs de Saint-Joseph du Sacré-Cœur, un ordre de religieuses se consacrant à l’instruction religieuse des enfants et au soin des pauvres. Dans «l’outback» australien – à l’intérieur des terres – elle travaille dans des conditions difficiles.

Une brève excommunication

En 1871, Mary MacKillop est brièvement excommuniée par son évêque sans que les raisons de cette décision soient connues. Plusieurs sources – dont un documentaire télévisé et les Sœurs de Saint-Joseph – soutiennent que Mary MacKillop a été sanctionnée pour avoir dénoncé les abus du clergé sur les enfants. Ainsi, le Père Paul Gardiner, défenseur officiel de la canonisation de Mary MacKillop, déclare-t-il à la chaîne de télévision australienne ABC : «L’histoire de l’excommunication se résume à ceci: la mise au jour des abus sexuels perpétrés par des prêtres sur des enfants». Cinq mois après l’excommunication, l’évêque, sur son lit de mort, revient sur sa décision.

«La sainte patronne des dénonciateurs»

Sur Internet, certains surnomment déjà Mary MacKillop «la sainte patronne des dénonciateurs», et même des victimes d’abus elles-mêmes. Le Père James Martin, jésuite de New York et auteur de «My Life with the Saints», remarquant que «cette révélation providentielle arrive à point nommé» – en référence au scandale d’abus sexuels qui a ébranlé l’Eglise catholique – déclare : «Si les faits correspondent à ce qu’on raconte, alors tous ceux et celles qui recherchent la justice dans la crise des abus sexuels doivent invoquer son intercession». Si le Père Martin n’exclut pas que Mary MacKillop fasse à l’avenir l’objet d’une dévotion populaire, il doute que le Vatican établisse une correspondance entre cette femme et les abus d’enfants. Ainsi, le Père Federico Lombardi, directeur du bureau de presse du Vatican, relève «les mérites de Mère Mary MacKillop, son attachement aux enfants, aux pauvres, aux populations autochtones, à la dignité de tous les êtres humains, étaient bien plus grands que le fait qu’elle ait dénoncé un auteur d’abus.» (apic/eni/fr/amc)

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