Proche-Orient: Les catholiques cherchent une ligne commune en vue du synode

Un projecteur sera dirigé sur la présence des chrétiens en Orient

Jérusalem, 6 octobre 2010 (Apic) La situation des chrétiens dans les différents pays du Proche-Orient n’est pas toujours comparable. Cependant, certaines similitudes apparaissent dans les Eglises orientales: la liberté religieuse est remise en question, la situation politique est peu sure, et les problèmes économiques importants.

Les attentes sont d’autant plus grandes à l’égard du synode des évêques, qui s’ouvre dimanche 10 octobre au Vatican que c’est la première fois que les Eglises orientales figurent à l’ordre du jour de l’ensemble du synode. Le franciscain Pierbattista Pizzaballa, custode de Terre Sainte, confirme qu’il a «de très grandes attentes». Selon l’archevêque melchite-catholique de Saint Jean d’Acre, Elias Chacour, le fait que le Saint-Père convoque un synode pour les évêques du Proche-Orient est déjà un signal. Un projecteur est dirigé sur la présence physique et spirituelle des chrétiens en Orient.

Des délégués de sept Eglises catholiques orientales se rencontreront du 10 au 24 octobre au Vatican. Le synode rassemblera des représentants du Patriarcat latin de Jérusalem, des Eglises chaldéenne, copte-catholique, maronite, ainsi que des Eglises greco-catholique et arménienne-catholique. Se joindront également des observateurs issus d’Eglises non catholiques et des représentants de l’islam et du judaïsme.

«Communion et témoignage», tel sera le thème du synode, qui semble rejoindre le cœur des Eglises catholiques orientales. Les pensées de groupe et le manque d’ouverture fréquent à l’égard de l’Eglise universelle empêchent les avancées communes, estime l’évêque suisse installé en Arabie Paul Hinder. La présence de nombreuses Eglises catholiques orientales représente certes une «richesse culturelle», mais également un frein à «une action efficace».

Les différents rites ne doivent pas constituer un handicap

Le Vicaire patriarcal pour les catholiques d’expression hébraïque à Jérusalem, David Neuhaus, est d’avis que le synode doit avec pour but la construction d’une plus grande unité. Les différents rites ne doivent pas constituer un handicap, estime-t-il. Mais du fait que sa communauté, qui compte quelque 500 membres, ne joue qu’un «rôle marginal», le Père Neuhaus n’exprime pas beaucoup d’attentes à l’égard du synode.

Elias Chacour déplore le manque de reconnaissance, en Occident, face à la présence des chrétiens orientaux. Pour lui, le synode devrait «amener plus fortement les Eglises orientales vers la lumière de l’ouverture universelle». Et même davantage: il devrait conduire avant tout à une prise de conscience réaliste de leur situation et à ouvrir les yeux en vue de se débarrasser du poids des siècles.

Beaucoup de similitudes, malgré les nombreuses différences: ce constat provoque justement chez le custode Pizzaballa des craintes face à la réussite du synode. Le danger de s’en tenir aux différences est réel, et alors «nous n’irons peut-être pas assez en profondeur», affirme-t-il. Pour Mgr Hinder, il est clair que le synode peut devenir «une bourse aux inspirations». Des pas réel vers le renforcement de l’Eglise au Proche-Orient doivent être accompli sur place et exigent un solide travail de reprise.

Les différents représentants des catholiques du Proche-Orient sont tout de même unanimes sur un point. Les chrétiens orientaux ont quelque chose à dire à l’Occident et à l’Eglise universelle. Du fait de leur coexistence avec d’autres religions, les Eglises orientales pourraient proposer faire profiter de leur expérience «dans les rapports avec les musulmans et la compréhension de l’islam», selon l’évêque Hinder. (apic/kna/am/bb)

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