Soudan: Assemblée plénière extraordinaire des évêques du 8 au 15 novembre

La tension monte à trois mois du référendum

Khartoum, 10 octobre 2010 (Apic) Les évêques catholiques du Soudan se réuniront en séance plénière extraordinaire à Rumbek (Sud Soudan), du 8 au 15 novembre. La réunion sera surtout consacrée au référendum pour l’autodétermination du peuple sud-soudanais du 9 janvier 2011, a rapporté le Service d’information catholique pour l’Afrique (CISA).

Mgr Santino Morokomomo, secrétaire général de la Conférence des évêques catholiques du Soudan, cité par CISA, a déclaré à la radio locale sud-soudanaise «Bonnes Nouvelles» que cette séance plénière fait suite à celle tenue l’année dernière à Torit (extrême sud du Soudan) et celle autre tenue récemment à Juba, capitale du Sud-Soudan. La décision d’avoir deux assemblées plénières cette année est liée à la situation actuelle au Soudan, qu’il a qualifié de «moment historique».

Les évêques soudanais ayant décidé de faire pression pour un référendum pacifique, l’assemblée plénière de Rumbek mettra l’accent sur l’évolution pacifique du processus électoral. Selon Mgr Morokomomo, des représentants du Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SECAM) et de l’Association des Conférences épiscopales membres d’Afrique orientale (AMECEA) seront présent à cette assemblée.

Selon Mgr César Mazzolari, évêque de Rumbek, il y aura au total 45 personnalités de l’Eglise catholique, dont trois cardinaux. Mgr César Mazzolari dont les propos sont aussi rapportés par CISA, a exhorté les Soudanais du Sud à s’engager pour un avenir meilleur de leur province, en pensant à l’après référendum. Il a aussi appelé les Sud-Soudanais à instaurer un bon climat de paix.

Mgr Mazzolari a mis en garde contre l’idée selon laquelle le référendum serait «une fin en soi». Il a demandé aux populations de la province du Sud-Soudan, de considérer le référendum avec un sentiment de patriotisme, estimant qu’ils doivent éviter de trop compter sur la communauté internationale ou sur les décisions du gouvernement du Nord.

D’autre part, Mgr Eduardo Kussala de Tombura, évêque Yambio (Sud-Soudan) s’est félicité de ce qu’il n’y est plus de perspectives de guerre dans la région. «Nous avons été témoins d’actes de violence inimaginable et de mépris pour l’humanité», a-t-il déclaré en se référant au régime islamiste du président Omar el Bashir.

Selon lui, la longue guerre civile au Soudan entre 1983 et 2005) a fait deux millions de morts. Depuis la fin du conflit en 2005, à la suite de la signature d’un Accord de paix global avec les dirigeants du Sud, le nombre de catholiques au Soudan a baissé, à cause de deux nouvelles lois du gouvernement soudanais. «Même les écoles chrétiennes sont maintenant obligées d’enseigner l’Islam», a-t-il dit, ajoutant que de nombreux chrétiens sont toujours forcés de se convertis à l’islam.

Heurts avec la police

Par ailleurs, samedi 9 octobre, des affrontements ont opposé policiers et pro-indépendantistes du Sud-Soudan d’une part, et policiers et nordistes favorables à l’unité du Soudan. A trois mois du référendum, la tension croît entre Soudanais du sud et du nord, a rapporté l’Agence France presse (AFP). Les affrontements ont coïncidé avec la demande du président du Sud-Soudan, Salva Kiir, à des représentants du Conseil de sécurité de déployer des casques bleus à la frontière entre le Nord et le Sud avant le scrutin. (apic/ibc/bb)

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