Long combat non violent pour les droits de l’homme
Hong Kong, 11 octobre 2010 (Apic) Des responsables chrétiens de Hong Kong ont appelé le gouvernement de Pékin à libérer Liu Xiaobo, qui a obtenu le 8 octobre le prix Nobel de la paix pour son «long combat non violent en faveur des droits fondamentaux de la personne en Chine.»
Peu après l’annonce, à Oslo, de l’attribution du prix Nobel de la paix à Liu Xiaobo, des représentants de la Commission catholique romaine «Justice et Paix» de Hong Kong, ainsi que la «Christian Concern Hong Kong Society», se sont joints aux nombreux militants exigeant la libération du dissident auprès du bureau de liaison du gouvernement chinois à Hong Kong.
Ils ont demandé à Pékin de libérer Liu Xiaobo, qui est à l’origine de la «Charte 08», manifeste appelant à davantage de démocratie et de respect des droits de la personne en Chine. Plus de 10’000 personnes – en Chine et à l’étranger – l’ont signée.
En 2009, un an après la publication de la Charte, Liu Xiaobo avait été condamné à 11 ans de prison et à deux années de privation de ses droits politiques pour «incitation à la subversion du pouvoir de l’Etat». Le dissident clame sans relâche que cette condamnation viole tant la Constitution chinoise que les droits fondamentaux de la personne.
La Commission catholique de Hong Kong a déclaré dans un communiqué publié conjointement avec des organisations de la société civile que Liu Xiaobo est un défenseur de longue date des droits de la personne et qu’il mérite cet honneur.
La Commission reproche par ailleurs au gouvernement chinois d’avoir fait pression sur le Comité norvégien du Nobel afin qu’il ne décerne pas le prix à Liu Xiaobo.
Le secrétaire général du Conseil chrétien de Hong Kong, le pasteur Po Kam Cheong, a déclaré au correspondant d’ENInews avoir été personnellement ravi du choix du Comité norvégien, estimant que Liu Xiaobo mérite «absolument» le prix. «Liu Xiaobo a passé de nombreuses années à se battre, pacifiquement, pour plus de démocratie en Chine», a déclaré le pasteur Po. «Et il a souffert pour cette cause.»
Lors de l’attribution du prix Nobel, le Comité norvégien a déclaré que la Chine avait réalisé des avancées économiques importantes ces dernières années et que son nouveau statut lui confère de nouvelles responsabilités. Il a affirmé que la Chine «contrevient à plusieurs accords internationaux dont elle est signataire, ainsi qu’à ses propres dispositions en matière de droits politiques.»
Liu Xia, l’épouse de Liu Xiaobo, a déclaré se réjouir de ce choix et être fière de son mari.
Le 9 octobre, Liu Xia a rendu visite à son mari en prison et lui a annoncé qu’on lui avait décerné le prix Nobel de la paix. En pleurs, Liu Xiaobo aurait dédié son prix à tous ceux et celles qui ont sacrifié leur vie pour la démocratie sur la place Tian’anmen en juin 1989, selon le journal de Hong Kong South China Morning Post.
L’épouse du lauréat du prix Nobel a confirmé le 11 octobre par un court message diffusé sur Twitter qu’elle avait été assignée à résidence à Pékin.
A Pékin, le Ministère chinois des Affaires étrangères a indiqué dans un communiqué que Liu Xiaobo est un criminel et qu’il ne reflète pas l’esprit du prix Nobel de la paix. (apic/eni/js)
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