Déclaration de la Commission Justice et Paix
Berne, 12 octobre 2010 (Apic) A l’occasion de la Conférence nationale «Lutter ensemble contre la pauvreté» convoquée par la Confédération le 9 novembre, Justice et Paix s’est penchée sur la pauvreté des familles en Suisse d’un point de vue d’éthique sociale. Pour elle, les défis à relever ne se posent pas qu’en termes financiers ou techniques, mais en termes de valeurs.
En tant que commission de la Conférence des évêques suisses, Justice et Paix met l’accent sur l’égalité des chances et la cohésion sociale. En Suisse, les familles nombreuses et monoparentales sont parmi les groupes les plus menacés par la pauvreté. Les enfants et les jeunes figurent dans la tranche d’âge la plus frappée par la précarité. Pour Justice et Paix, ce constat attend des réponses. Dans le cadre de l’Année européenne de lutte contre la pauvreté, Justice et Paix plaide pour un meilleur soutien de la famille, dans la pluralité de ses formes actuelles, car elle reste un lieu fondamental pour le développement et l’épanouissement des adultes et des enfants.
La précarité pèse sur les enfants et les familles. Elle perturbe les relations au sein de la famille et avec l’entourage. Elle freine souvent le développement intellectuel, scolaire et parfois physique des enfants et des jeunes. On constate en outre de plus en plus que la pauvreté se transmet de manière héréditaire. Beaucoup d’enfants se retrouvent à l’âge adulte dans la même condition de précarité que leurs parents, sans perspectives d’avenir.
En Suisse, les mailles du filet social permettent la plupart du temps d’éviter les cas de pauvreté absolue mettant en cause la survie des personnes et des familles. Mais dans un pays riche comme la Suisse, l’exclusion par la pauvreté provoque la perte de perspectives et d’espoir.
Pouvoir déterminer soi-même sa vie en tant que famille est une expression de dignité et de liberté. Donner aux enfants et aux jeunes la possibilité de saisir leurs chances et de déployer leur potentiel doit être un objectif prioritaire de la lutte contre la pauvreté.
Pour Justice et Paix, le droit de participation est un élément central de la lutte contre la pauvreté. Donner aux pauvres une place entière en tant que personnes est une exigence du respect de leur dignité. Cela demande notamment de rappeler qu’au-delà du minimum vital pour le logement, l’alimentation et la santé, les pauvres ont droit à l’accès au savoir, à la culture, à un environnement propre et agréable, à des loisirs ou aux vacances. Ceci sans que l’on crie au luxe et aux abus d’assistance.
Le meilleur moyen de lutte contre la pauvreté reste la prévention. La politique sociale ne doit pas uniquement être conçue en termes de dépenses qu’il faut chercher systématiquement à réduire, mais en termes d’investissements utiles à l’ensemble de la société dans le sens de la cohésion sociale. Justice et Paix retient trois domaines d’engagement prioritaires: la participation et l’intégration; la formation et l’égalité des chances ainsi que la garantie de revenu.
Justice et Paix a conscience qu’une stratégie de lutte contre la pauvreté a un coût. La question est de déterminer où la société suisse entend mettre ses priorités. A ses yeux, la lutte contre la pauvreté des enfants et des familles est une tâche essentielle. (apic/com/js)
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