Sri Lanka : Les évêques catholiques exigent la libération d’un leader de l’opposition

Appel pour raisons humanitaires

Colombo, 14 octobre 2010 (Apic) L’Eglise catholique romaine du Sri Lanka s’est jointe aux nombreuses demandes de libération de Sarath Fonseka, ancien chef de l’armée sri lankaise, jeté en prison après avoir été reconnu coupable de corruption par une cour martiale.

Dans un communiqué publié le 7 octobre, la Conférence épiscopale du Sri Lanka a lancé un « Appel à la libération » de Sarath Fonseka, qui, en 2009, a mené l’armée sri lankaise à la victoire sur les rebelles tamouls. « Nous lançons cet appel uniquement pour des raisons humanitaires », a déclaré Malcolm Ranjith, archevêque catholique de Colombo, au correspondant d’ENInews. « Nous ne portons aucun jugement sur le bien-fondé de la procédure ».

Une manœuvre politique

Après avoir été un héros de guerre, Sarath Fonseka s’est présenté sans succès à l’élection présidentielle, contre le président sortant Mahinda Rajapaksa. Le mois suivant, il est arrêté et condamné à 30 mois d’emprisonnement. Ses partisans dénoncent cette manœuvre politique, qui le prive alors de son siège parlementaire, gagné aux élections d’avril.

Plusieurs voix s’élèvent contre cet emprisonnement

Le communiqué de la Conférence épiscopale appelle Mahinda Rajapaksa à « envisager sa libération en reconnaissance des inestimables services rendus à la nation, parfois même au prix de sa vie ». Pour les évêques, l’Eglise « a conscience du service particulier qu’il a rendu à la nation ».

Pour Ruki Fernando, du Mouvement de solidarité chrétienne, « cela illustre de manière flagrante la répression que mène le gouvernement à l’encontre des opposants et des dissidents politiques ». Selon lui, le communiqué de la Conférence épiscopale « ne reconnaît pas la victimisation politique et le cas manifeste de violation de l’Etat de droit et de répression des opinions divergentes » dans le pays.

L’emprisonnement de Sarath Fonseka a suscité de nombreuses protestations de la part de responsables religieux – dont d’éminents représentants de la majorité bouddhiste au Sri Lanka -, de militants des droits civils et des partis de l’opposition politique. (apic/eni/ggc)

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