Londres : L’archevêque anglican de Cantorbéry s’inquiète de la situation des réfugiés zimbabwéens

Ils pourraient être renvoyés dans leur pays

Londres, 19 octobre 2010 (Apic) Rowan Williams, archevêque de Cantorbéry, s’est montré préoccupé par les problèmes de sécurité auxquels sont confrontés les Zimbabwéens dont la demande d’asile est rejetée. Ces derniers sont contraints de rentrer dans leur pays et de vivre sous le régime du président Robert Mugabe.

Selon l’agence de presse ENI, le 7 octobre, lors de sa visite du siège du Conseil des réfugiés, à Brixton dans le sud de Londres, l’archevêque Williams, a parlé à des réfugiés Africains de leurs problèmes. «J’étais préoccupé par la question de la protection et par le fait qu’il n’y ait pas de suivi des gens renvoyés dans leur pays», a affirmé le leader spirituel de la Communion anglicane mondiale, qui compte 77 millions de membres. «Sans ces vérifications, on court le risque que les situations que le gouvernement britannique considère comme sûres ne le soient pas. Quand on voit le contexte au Zimbabwe, je pense qu’il faut vraiment se demander si on peut renvoyer des gens en toute sécurité dans ces pays.»

Réaction des militants des droits de la personne

«Je suis ravi que Rowan Williams ait soulevé cette question lors de sa récente visite au siège du Refugee Council», a déclaré Sarah Harland, coordinatrice de la Zimbabwe Association. «Je souhaiterais voir de plus en plus de chrétiens et de responsables d’Eglise suivre son exemple en interpellant le gouvernement britannique pour que des systèmes de contrôle et de surveillance soient mis en place avant que ces personnes ne soient renvoyées chez elles.» Elle affirme également qu’il ne s’agit pas d’un bon moment pour procéder à des renvois forcés.

La situation au Zimbabwe

Selon des rapports publiés au Royaume-Uni, jusqu’à 10’000 Zimbabwéens – sur les 400’000 vivant dans le pays – pourraient être contraints de rentrer dans leur pays de naissance.

Le ministre de l’Immigration Damien Green a déclaré aux députés du Parlement britannique qu’il est justifié de renvoyer les demandeurs d’asile. Les conditions se seraient améliorées d’après lui au Zimbabwe depuis la formation d’un gouvernement d’union nationale en 2009 entre le président Mugabe, qui est à la tête du parti Zanu-PF, et le Premier ministre Morgan Tsvangirai, leader du Mouvement pour le changement démocratique.

Morgan Tsvangirai a récemment exprimé sa frustration vis-à-vis du Zanu-PF, au pouvoir depuis 1980, car l’armée, l’armée de l’air, la police, les prisons et l’agence de renseignement restent sous le contrôle de Robert Mugabe. Aucun agenda n’a été fixé en vue d’une réforme du secteur de la sécurité et d’une démilitarisation de l’Etat. (apic/eni/tg/amc)

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