Pologne: Les évêques catholiques en croisade contre la fécondation in vitro

Les députés favorables à sa légalisation seront exclus de l’Eglise

Varsovie, 22 octobre 2010 (Apic) Au moment où le parlement polonais examine une série de projets de loi sur la bioéthique, le 22 octobre, les évêques catholiques annoncent que les députés favorables à la fécondation in vitro (FIV) seront exclus de l’Eglise.

Dans une lettre adressée le 18 octobre aux dirigeants de leur pays, les évêques polonais ont qualifié la FIV de «petite soeur de l’eugénisme», une science consacrée à l’amélioration des caractères génétiques des populations humaines, utilisée notamment par les nazis. Les députés en faveur de la méthode FIV, «se retrouvent automatiquement en dehors de la communauté de l’Eglise», a ajouté dans une interview l’archevêque Henryk Hoser, médecin de formation et chargé à l’épiscopat des questions bioéthiques.

Cette campagne de l’Eglise catholique a fait réagir vivement le professeur Slawomir Wolczynski de l’Académie de médecine de Bialystok, premier centre à avoir introduit la FIV en Pologne. «Comparer les médecins qui pratiquent cette méthode aux nazis, c’est une atteinte à la mémoire de l’Holocauste», a-t-il affirmé en commentant l’accusation d’eugénisme. Le porte-parole du gouvernement, Pawel Gras, a dénoncé le 19 octobre le «chantage» des évêques. «L’Eglise a le droit d’exprimer ses opinions, mais je n’ai jamais pensé qu’elle allait le faire de façon aussi drastique», a-t-il affirmé.

Ce n’est pas la première fois que les évêques polonais entreprennent une croisade contre la fécondation in vitro. Ils l’ont comparé autrefois à «une sorte d’avortement raffiné», puisque cette méthode «fait périr de nombreux embryons» à chaque tentative.

La fécondation in vitro n’est actuellement soumise à aucune législation en Pologne et échappe à tout contrôle. Des positions extrêmes s’affrontent au parlement, entre certains députés ultra-conservateurs qui veulent que la pratique soit punie de prison et la gauche qui propose le remboursement des FIV par la sécurité sociale. Le président libéral Bronislaw Komorowski, lui même catholique et père de cinq enfants, a appelé à «un compromis raisonnable», respectant à la fois la sensibilité chrétienne et celle «de ces nombreux couples qui, souvent de manière désespérée, cherchent un moyen d’avoir un enfant». (apic/ag/bb)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/les-deputes-favorables-a-sa-legalisation-seront-exclus-de-l-eglise/