«2e Forum de Fribourg Eglise dans le Monde»
Fribourg, 25 octobre 2010 (Apic) Face à la perte de la foi dans le marxisme et le communisme, le christianisme progresse dans la Chine d’aujourd’hui. Mais nombre d’«évidences» de la culture chinoise semblent s’opposer diamétralement aux préoccupations centrales et aux enseignements chrétiens. Le christianisme paraît en effet étranger à la manière de penser et de sentir des Chinois. Ce constat, plusieurs spécialistes de l’Empire du Milieu l’ont dressé au cours du «2e Forum de Fribourg Eglise dans le Monde» (*), tenu du 21 au 23 octobre à l’Université de Fribourg.
Une centaine de personnes, étudiants, enseignants, chercheurs, ont participé à ce 3ème cycle de théologie pratique des Facultés de théologie de Suisse romande dont les points forts étaient notamment «100 ans après la Conférence mondiale de la mission d’Edimbourg», ainsi que les réalités religieuses de la Chine et de la Corée.
A l’heure actuelle, en Chine, le rôle du christianisme avec sa figure centrale, Jésus-Christ, est réévalué. C’est ce qu’a constaté le fameux sinologue Roman Malek, professeur ordinaire de science des religions à la Faculté de théologie de la Haute Ecole de philosophie et théologie de Sankt-Augustin (Bonn) et privat-docent de sinologie à l´Université de Bonn. Le missionnaire de la Société du Verbe Divin (SVD) d’origine polonaise a en effet relevé que les intellectuels en nombre croissant se sentent attirés par le christianisme. «Espérons que la rencontre entre le christianisme et la société chinoise soit toujours intense à l’avenir, et que – comme dans d’autres pays asiatiques – elle permette de créer de nouveaux visages de Jésus, qui nous enrichissent tous».
Rédacteur en chef de la revue d’études sinologiques «Monumenta Serica – Journal of Oriental Studies», le Père Malek a présenté vendredi une conférence sur «Les visages chinois de Jésus». La question de Jésus-Christ, le Rédempteur, est sans doute la plus cruciale pour l’identité chrétienne et l’annonce chrétienne, a-t-il souligné. Elle s’est également posée en Chine et a reçu des réponses différentes.
«Qui est Jésus de Nazareth ou Jésus-Christ pour les Chinois ?» «Quel genre de ›chose’ est Jésus ? – Yesu shi shenmen dongxi ?», demande-t-on en Chine. Comment les missionnaires étrangers, venus d’Occident, de différents contextes et à différentes époques, ont-ils présenté Jésus-Christ aux Chinois? Qu’est-ce que ces derniers ont pensé de ce sauveur chrétien «occidental» du nom de Jésus ? Quel visage ont-ils donné à Jésus-Christ, qu’il soit cru comme le sauveur ou même qu’il soit rejeté comme «étranger» et «barbare» ? Le Père Malek a essayé dans un ouvrage en plusieurs volumes – encore inachevé – «The Chinese Face of Jesus Christ», de rassembler les visages chinois de Jésus.
Le missionnaire verbite se demande finalement s’il y a quelque chose de «spécifiquement chinois» dans la compréhension de Jésus en Chine. Le sinologue Jacques Gernet a affirmé pour sa part, dans son célèbre ouvrage «Chine et christianisme», qu’il existait une incompatibilité de la pensée chrétienne avec la pensée chinoise.
Le sinologue français a montré que la lutte des Chinois avec le christianisme n’est pas seulement une question «religieuse», à savoir est-ce que la religion chrétienne peut être compatible avec un système spirituel et socio-politique qui est radicalement différent du monde occidental chrétien. Pour Jacques Gernet, la question fondamentale est plutôt celle de la capacité des hommes à s’adapter à des «systèmes» étrangers. Et de savoir dans quelle mesure les réactions du peuple chinois face à Jésus-Christ et au christianisme mettent en lumière les différences fondamentales qui existent entre l’Occident et la Chine en ce qui concerne leur conception de l’homme et leur vision du monde.
Il constate l’existence d’un conflit entre la Chine et le christianisme, avec ses liens à Israël et à Jésus-Christ. «Les chrétiens confessent que Jésus-Christ est l’unique médiateur du salut. Mais pour les Chinois, qui connaissent la longue histoire de leur peuple et la richesse de sa culture, le caractère unique qui est attribué à Jésus de Nazareth, qui a vécu dans un coin du monde inconnu aux générations de l’Empire du Milieu, ce caractère est un théorème difficilement crédible, non seulement pour les non-chrétiens, mais même pour les catholiques honnêtes…. Ce conflit est exacerbé quand, faisant appel à l’unicité de Jésus-Christ, le christianisme prétend à l’absolu».
«Les Chinois ont connu le christianisme avant les Polonais !»
La foi chrétienne, dans sa relation particulière avec le peuple d’Israël et surtout la confession centrale que Jésus-Christ est le médiateur unique et universel du salut, se heurte «violemment avec l’identité fondamentale des Chinois en tant que membres de l’›Empire du Milieu’ (Zhongguo) et le ›centre de la vraie culture’». Les missionnaires nestoriens ont apporté le christianisme sur les routes de la soie et du commerce, sous la dynastie Tang, autour de l’an 635.
«Les Chinois ont connu le christianisme avant les Polonais ! Le christianisme n’a pas été apporté en Chine en tant que romain, mais en tant que christianisme oriental, par l’Eglise syriaque orientale. Ce sont les chrétiens dits nestoriens qui ont amené la ›religion de la lumière’ à Xi’an au VIIe siècle, dans un contexte bouddhiste-taoïste… Depuis ce moment-là se pose en Chine la question de Jésus-Christ». L’approche syriaque orientale témoigne bien de la force et de la capacité d’inculturation du message chrétien dans le contexte chinois, mais elle tombe dans l’oubli après l’interdiction impériale du «nestorianisme» et n’est redécouverte que lorsque les Jésuites viennent en Chine à la fin du XVIe siècle.
Chaque période missionnaire a apporté sa compréhension particulière de Jésus à la Chine, qui a ensuite – dans le contexte des différentes époques – suscité des réactions très différentes. A l’époque de la mission que l’on appelle franciscaine et dominicaine sous les Mongols, durant la période Yuan (XIIIe siècle), les Franciscains et les Dominicains ont apporté la théologie médiévale à la Chine.
C’est sous les dynasties Ming et Qing, de la fin du XVIe siècle jusqu’au XVIIIe siècle, que l’ancienne mission des Jésuites en Chine se développe dans un contexte confucianiste. Matteo Ricci (1552-1610) a rejeté, dans «l’esprit néo-confucéen» de la dynastie Ming, le taoïsme et le bouddhisme comme incompatibles avec le christianisme et a choisi la religiosité «cosmique» du confucianisme.
Le Père Malek note qu’est absent dans l’écrit de Matteo Ricci l’aspect de la crucifixion et de la résurrection du Christ, «et le tout sonne très ›éthique confucéenne’: un homme sage est né, un saint qui a annoncé à la population le Dao, et a ramené l’ordre dans l’harmonie perturbée du monde… Ricci semble avoir été très prudent au sujet d’une annonce directe de Jésus, son œuvre de rédemption, sa mort sur la croix et sa résurrection».
Les jésuites prônent une approche que l’on appelle «l’inculturation», qui débouchera sur la «querelle des rites», et qui se terminera par l’interdiction et la persécution du christianisme. L’ère moderne, la période finale de la dynastie des Qing, est liée à la «guerre de l’opium», aux «traités inégaux» de 1840, à la rébellion des Taiping et aux missions protestantes et catholiques modernes du XIXe et XXe siècles.
Avec la victoire des communistes, lors de la «libération» de 1949, apparaissent de nouveaux visages et images de Jésus. «La réalisation du communisme est l’accomplissement de l’espérance de Jésus», affirme ainsi une circulaire du Parti communiste chinois. L’écrivain Guo Moruo, alors vice-premier ministre, écrit dans un hymne pour le 70e anniversaire de Staline: «Le Sauveur de l’ancien temps, Jésus, est mort une fois et doit une nouvelle fois être ressuscité… La mort de Jésus a été réelle, mais sa résurrection a été inventée». Ainsi, Jésus, qualifié de «fils illégitime d’un charpentier et de son épouse», a fait la révolution contre la religion juive et devient officiellement un «révolutionnaire prolétarien».
Après la Révolution culturelle chinoise (1966-1976) et après l’ouverture au monde de la Chine dans les années 1980, s’est présentée la possibilité de réfléchir positivement sur le christianisme. Suite à cette réflexion, note le Père Malek, beaucoup de nouvelles images et nouveaux visages chinois de Jésus ont surgi.
Evoquant les questions fondamentales qui se posent à la théologie chrétienne dans le contexte chinois, le Père Paul H. Welte, qui fut pendant près de 50 ans membre de la mission des dominicains allemands à Taiwan, arrive à la conclusion que l’unité des hommes de différentes cultures est beaucoup plus importante que les différences certainement indéniables. Plaidant pour «l’unité de la nature humaine», il est conscient que c’est un torchon rouge agité devant certains combattants contre tout impérialisme culturel occidental et pour les partisans d’une «inculturation radicale».
Ayant vécu longtemps dans le monde chinois, le dominicain admet le fait que la pensée traditionnelle chinoise mette fortement l’accent sur l’éthique. Depuis des siècles, le confucianisme est la philosophie chinoise de la vie familiale et publique. Mais cette réalité représente un certain danger pour l’originalité et l’autonomie du religieux. Et de se demander combien de Chinois pourraient être intéressés à la foi chrétienne si son contenu n’était qu’une doctrine éthique, au surplus avec un «guide non chinois importé»…
Comme la foi chrétienne ne se considère pas comme une doctrine philosophique mais comme la révélation de Dieu qui s’est réalisée dans l’histoire d’Israël et dans la vie, la mort et la résurrection de Jésus de Nazareth, c’est là un obstacle réel pour des hommes imprégnés par la manière chinoise de penser et de sentir au moment de la rencontre avec le christianisme.
«Si de telles questions fondamentales ne sont pas abordées et qu’elles ne trouvent pas de réponses, elles peuvent provoquer des incompréhensions, des malentendus et des réserves au regard du christianisme, et elles peuvent devenir des obstacles sur la voie vers le christianisme». Le fait qu’ils désignent leur pays comme «l’Empire du Milieu» caractérise l’attitude des Chinois face à l’étranger. «Etranger» pour les Chinois a la signification d’«extérieur à l’Empire et à la culture du Milieu». De là viennent des difficultés particulières avec le christianisme.
Le christianisme considère certains livres d’Israël comme une partie de son Ecriture Sainte. Ce lien du christianisme avec l’ancien Israël est ressenti par beaucoup de Chinois comme un scandale, note le Père Paul H. Welte. «Lorsque j’ai demandé à un Chinois, étudiant en théologie, quelle impression faisaient certains écrits de l’Ancien Testament à des Chinois cultivés, il a répondu sans hésiter: ›Puérils, grossiers, barbares’».
Une religieuse qui a donné un cours intitulé «La Bible comme littérature» à l’Université nationale renommée de Taiwan, à Taipei, dans le département d’anglais, a déclaré au religieux dominicain qu’on lui a souvent posé des questions sur les «actions génocidaires» qui, selon les Ecritures de l’Ancien Testament, ont été commandées par Dieu en vue de la conquête de la terre et ont été réalisées par le peuple de Dieu.
Lors d’un séminaire sur la Constitution dogmatique sur la Révélation divine, une étudiante a formulé la question qui est sur la langue de beaucoup de Chinois: «Pourquoi Dieu n’a-t-il pas choisi un peuple culturellement et éthiquement supérieur ?» A l’époque de l’Ancien Testament, soulignait lui aussi le cardinal chinois Paul Yu Pin (1901-1978), archevêque de Nankin en exil, la Chine avait une conception plus élevée de Dieu qu’Israël.
Conformément aux Ecritures, les chrétiens confessent Jésus-Christ comme le seul médiateur du salut, poursuit le Père Welte. «Pour les Chinois, qui connaissent la longue histoire de leur peuple et la richesse de leur culture, c’est une doctrine difficilement acceptable. Car ce Jésus de Nazareth a vécu dans un coin obscur du monde, il était totalement inconnu pour des générations de l’Empire du Milieu et il l’est pour des millions de personnes encore aujourd’hui. Ce qu’il a dit et fait n’a eu aucun impact sur le bien-être des citoyens de l’Empire du Milieu». «Comment sa venue et ses actes peuvent-ils signifier la plénitude du temps ? Comment des événements en dehors de l’Empire du Milieu peuvent-ils avoir une telle importance ?», se demandent les Chinois.
Quelle valeur ont les écrits classiques pour les chrétiens chinois ? Tous ceux qui sont d’accord avec Thomas d’Aquin qui a enseigné que «Tout ce qui est vrai, peu importe par qui il a été dit, il a été dit par le Saint-Esprit», peuvent certainement parler de la signification salvifique des classiques chinois. Mais les classiques chinois peuvent-ils prendre la place de l’Ancien Testament en Chine, se demande le Père Welte ? «Si oui, est-ce que d’autres chrétiens (Indiens, Africains, Américains, Européens) doivent reconnaître les classiques chinois comme source d’inspiration ? Quelle est la différence entre l’enseignement moral de l’Ancien Testament et le point de vue éthique des classiques chinois ?»
La confession de Jésus, en tant que médiateur du salut, pose la question de la possibilité du salut des infidèles. «A Taiwan et en Chine cela veut dire souvent: le salut de mes parents et grands-parents, amis et compatriotes, des sages et des héros de mon peuple». Certes, si l’on accepte que tout le monde peut atteindre le salut, alors quel est le sens de l’être du Christ et de l’évangélisation, se demande le religieux dominicain.
Il relève également la difficulté que représente la croyance chinoise dans la bonté de la nature humaine face à la doctrine chrétienne du «péché originel», qui est un sujet brûlant dans le monde culturel chinois. En effet, la doctrine chrétienne du «péché originel» est contraire à vision confucéenne. C’est, de l’avis de Mgr Stanislaus Luoguang, ancien archevêque de Taipei, le plus grand obstacle à la propagation de la foi chrétienne en Chine parce que l’idée de l’homme «en tant que pécheur» est difficile à accepter pour les Chinois. L’archevêque voulait souligner la méconnaissance presque inévitable de la doctrine du péché originel dans le monde chinois.
Ainsi, la «théologie du péché originel» – parce qu’elle rencontrera dans le monde culturel chinois d’éventuels malentendus – doit souligner le rôle subalterne de la doctrine du péché originel dans l’ensemble de la foi et son faible rang dans la hiérarchie des vérités chrétiennes. Il ne faut pas que la doctrine du péché originel soit interprétée à tort comme le centre de la foi chrétienne. «L’importance du discours sur le péché originel pour la foi chrétienne et pour une attitude humaine mature face à la réalité doit être identifiée, de sorte qu’il ne soit pas mal compris comme le pire pessimisme humain», poursuit ce spécialiste de la pensée chinoise.
Une table ronde sur l’Eglise en Chine aujourd’hui a mis en dialogue Brigitte Fischer Züger, le Père jésuite Pierre Emonet, et la sœur dominicaine Wilhelma Kalpers, de la communauté d’Ilanz (Grisons). Très discrète sur l’implantation actuelle des religieuses dominicaines dans le nord-est de la Chine, Sœur Wilhelma Kalpers a expliqué que le projet missionnaire des sœurs a débuté il y a presque cent ans et se poursuit aujourd’hui en collaboration avec la province dominicaine du nord de l’Allemagne (à laquelle appartient aussi la Suisse). La communauté de sœurs dominicaines à Taïwan est engagée en Chine. La Procure missionnaire d’Ilanz apporte son aide à ces engagements.
Auteure d’une thèse de missiologie sur les ministères laïques à Taiwan, la théologienne Brigitte Fischer Züger a décrit comment dans les années 80, dans divers diocèses de Taïwan, des femmes et des hommes ont été formés comme «apôtres laïcs volontaires». Constitués en équipes de deux à trois personnes, ils ont été assignés par les évêques locaux à la direction de paroisses et à la cure d’âmes. «Même aujourd’hui, ces services des laïcs dans les régions montagneuses éloignées et sur la côte est de Taïwan constituent une base importante pour la vie de l’Eglise locale».
Par contre, dans le contexte urbain notamment, le modèle de «l’apôtre laïc volontaire» n’a pas été développé, a regretté Brigitte Fischer Züger, qui travaillé plusieurs années à Taiwan, notamment dans le cadre de la Mission Bethléem Immensee et comme collaboratrice théologique au bureau pour les laïcs de la Fédération des Conférences épiscopales d’Asie (FABC) à Taipeh.
Ancien rédacteur en chef de la revue des jésuites romands «Choisir» et actuel Provincial des jésuites de Suisse, le Père Pierre Emonet a rappelé que les jésuites étaient présents en Chine dès la fin du XVIe siècle, pratiquant un nouveau type d’évangélisation fondé sur l’inculturation, le dialogue et l’engagement scientifique. Matteo Ricci, Johannes Schreck, Adam Schall von Bell, Martino Martini, Michael Boym, Ferdinand Verbiest, Franz Stadlin sont les plus connus. Ils étaient 800 en 1949, lors de l’arrivée au pouvoir des communistes et l’établissement de la République populaire de Chine.
Les étrangers, venant notamment de France, d’Autriche, d’Allemagne, des Etats-Unis, de Hongrie, durent partir et nombre d’entre eux s’établirent à Taïwan, dans l’espoir de pouvoir retourner un jour sur le continent.
Les jésuites chinois, par contre, restèrent sur place, et un certain nombre d’entre eux connurent les geôles maoïstes. Après la mort de Mao Tsé-toung et les assouplissements apportés par Deng Xiaoping, les jésuites eurent à faire le choix entre rejoindre l’Eglise dite clandestine (plutôt l’Eglise catholique non reconnue officiellement) ou l’Eglise sous le contrôle de l’Association patriotique des catholiques de Chine (APCC). Beaucoup refusèrent de s’aligner sur l’Association patriotique.
Un cas emblématique est celui de Mgr Aloysius Jin Luxian, qui est toujours archevêque de Shanghai à plus de 93 ans. Après avoir passé en tout dix-huit ans en prison et neuf en résidence surveillée, il décide de travailler au sein de l’Eglise officielle et de jouer le rôle de «pont» entre les catholiques «officiels» et les «clandestins». Actuellement, la Province jésuite de Chine compte – de Macao à Taïwan, en passant par Hong Kong – 181 membres, «sans compter ceux qui ne sont pas dans le catalogue !» Ils travaillent sur plusieurs axes, dont l’apostolat intellectuel avec notamment le Beijing Center for Chinese Studies TBC, dirigé par le Père brésilien Fr. Roberto M. Ribeiro (10 étudiants en 2007, 120 actuellement). Le Père Stephan Rothlin, un religieux suisse qui enseigne à l’Université de Pékin, a fondé un institut reconnu, le Centre international pour l’éthique des affaires.
16 jésuites travaillent dans les Universités officielles chinoises et leur présence semble efficace, relève Pierre Emonet. Outre le travail intellectuel, les jésuites sont également engagés dans le travail social, à l’exemple du Père autrichien Aloisius Gutheinz, qui dirige le «China Leprosy Service» (CLS) qui traite les lépreux dans 19 centres. 5 d’entre eux sont dotés d’une école primaire pour les enfants de lépreux et organisent la réinsertion sociale de ces personnes. Les lépreux, qui sont plus de 30’000 en Chine, sont stigmatisés socialement et marginalisés. Les «Casa Ricci Social Services», fondés par le Père Luis Ruiz, gèrent des villages de lépreux en Chine, au Vietnam et au Myanmar. Les jésuites ont également lancé des centres pour les malades du sida. Au plan de la formation, ils dispensent les exercices spirituels et les retraites ignatiennes auprès des religieuses et des jeunes prêtres.
En fait, souligne Pierre Emonet, les jésuites en tant que tels sont toujours interdits en Chine, mais il y a des possibilités de travailler dans des institutions de formation et des institutions sociales. «La première chose est de tisser des relations d’amitié et de respect avec le milieu dans lequel on s’insère. Pour nous, aujourd’hui, c’est la même chose que du temps de Matteo Ricci».
(*) Ce 2ème Forum était organisé par l’Institut pour l’étude des religions et le dialogue interreligieux (IRD) de la Faculté de théologie de l’Université de Fribourg, ainsi par que les chaires de théologie pratique de Fribourg et de Neuchâtel, et l’Association francophone œcuménique de missiologie (AFOM). Le «Forum de Fribourg Eglise dans le Monde» se range dans la tradition des «Semaines de Fribourg pour l’Eglise dans le Monde», qui se sont déroulées à Fribourg jusqu’en 1973. Le Forum est consacré aux questions touchant à la mondialisation, la mission et la rencontre entre les religions. Il a pour but de contribuer à ce que les questions touchant à l’unification du monde, dont parle le Concile Vatican II, soient discutées dans un climat ouvert. Le Forum est organisé par l’IRD, en collaboration avec Missio Suisse-Liechtenstein, Caritas Suisse, Action de Carême, Pain pour le Prochain et l’Institut d’Ingenbohl. Il correspond cette année au 3ème Cycle de théologie pratique des Facultés de Suisse romande et à la Rencontre Internationale de l’AFOM. (apic/be)
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