Rome : Le cardinal Jean-Louis Tauran tire le bilan du Synode

Deux responsables musulmans très surpris par la liberté d’expression

Rome, 25 octobre 2010 (Apic) Le cardinal Jean-Louis Tauran est intervenu au terme du Synode pour le Moyen-Orient sur Radio Vatican. Le président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux a relaté que deux responsables musulmans invités à prendre la parole avaient été « très surpris par la liberté d’expression ».

Le 14 octobre dernier, l’ayatollah iranien chiite Seyyed Mostafa Mohaghegh Damad et le conseiller politique du Grand mufti du Liban, Mohammed Sammak, avaient pris la parole devant les pères synodaux à l’invitation de Benoît XVI. « Ils ont été très surpris par la liberté d’expression au sein du synode », a affirmé le cardinal Jean-Louis Tauran sur Radio Vatican au cours d’une émission organisée en partenariat avec le quotidien français « La Croix », « L’Oeuvre d’Orient » et le réseau de radios RCF (Radios Chrétiennes Francophones). Je leur ai dit : « Le christianisme c’est la liberté », a encore confié le président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux.

Le cardinal français, cependant, a jugé surprenant que l’ayatollah iranien ait nié devant le pape l’existence de difficultés dans les relations entre chrétiens et musulmans dans les pays d’islam, en Iran en particulier.

Le conflit israélo-palestinien est la mère de toutes les crises

Alors qu’Israël a vu dans le message final du synode – qui demandait la fin de l’occupation israélienne – des attaques politiques contre l’Etat hébreu, l’ancien chef de la diplomatie vaticane a jugé que ce n’était pas une réaction nouvelle. « Le conflit israélo-palestinien non résolu est la mère de toutes les crises » dans la région, a renchéri le cardinal Tauran pour qui le grand risque, au début du synode, était de glisser vers le politique. « Evidement, a-t-il encore expliqué, on ne peut pas parler du Moyen-Orient sans parler de cette crise non résolue ».

Dans leur message final, le 23 octobre, les pères synodaux avaient particulièrement appelé la communauté internationale à faire appliquer les résolutions onusiennes pour mettre fin à l’occupation israélienne des différents territoires arabes. Ils avaient aussi reproché à l’Etat hébreu de recourir à des positions bibliques et théologiques pour justifier les injustices faites aux Palestiniens.

«J’ai 67 ans, a encore ajouté le cardinal Tauran sur Radio Vatican, prenez un Palestinien et un Israélien de 67 ans qui meurent demain matin (…) ils auront vécu sans avoir connu un jour de paix, à mes yeux c’est un scandale, c’est la violation la plus totale de tous les droits de l’homme. »

Les chrétiens ont été plantés au Moyen-Orient pour y fleurir

Au terme du Synode pour le Moyen-Orient, le président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux a souhaité que cette assemblée permette de « faire comprendre aux chrétiens qui vivent dans cette partie du monde que Dieu les a plantés là pour qu’ils y fleurissent ». Les chrétiens sont chez eux, ils ne sont pas des demandeurs d’asile, a encore affirmé le cardinal Tauran. « Cette terre du Moyen-Orient est une terre où les chrétiens ont leurs racines, il est normal qu’ils y vivent et s’y épanouissent ».

Interpellé sur la question des prêtres mariés dans les Eglises d’Orient, le cardinal Jean-Louis Tauran a relevé les belles choses et aussi les problèmes que représente ce clergé marié. « Il faut éviter de penser, a-t-il affirmé, que les prêtres mariés seraient la solution à tous nos problèmes ».

Mgr Philippe Brizard, expert au synode et ancien directeur général de L’Oeuvre d’Orient, ainsi que le père jésuite Samir Khalil Samir, professeur d’islamologie et de pensée arabe à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth (Liban), étaient également les invités de cette émission tirant le bilan du premier Synode pour le Moyen-Orient organisé au Vatican du 10 au 24 octobre. (apic/imedia/ami/amc)

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