«Les scrupules moraux sont justifiés»

Tessin: Mgr Grampa se joint aux critiques sur la sélection de festival du film 2010

Locarno, 27 octobre 2010 (Apic) Deux mois après la fin du festival international du film de Locarno, une discussion a éclaté au Tessin sur la sélection 2010. La présence de zombies, et surtout de pornographie, dans un festival d’art et de culture oppose les esprits. En publiant un article provocant, accompagné d’images obscènes, l’éditeur locarnais Armando Dadò a déclanché le débat. Pier Giacomo Grampa, évêque de Lugano, soutient cette démarche critique.

Dans son article, Armando Dadò attaque la décision du directeur artistique, Olivier Père, de présenter, dans la catégorie «Concours international», trois films contenant des passages pornographiques. D’après l’éditeur, le festival a ce faisant sali sa réputation.

Deux des films, dont «L.A. Zombie», ont été produits avec le concours du réalisateur et acteur porno Bruce LaBruce. «L.A. Zombie» avait déjà nourri le débat avant le festival à cause de son contenu «homosexuel et pornographique». Les visiteurs et critiques ont cependant réagi de manière décontractée à la projection. Le film n’a reçu aucun prix.

Des images pornographiques dans le courrier

En protestation et pour rendre attentif au déclin culturel du festival, Armando Dadò a envoyé des images pornographiques, extraites des scènes des trois films incriminés, en même temps que son article. Le courrier était adressé à près de 200 personnalités du canton, parmi lesquelles des politiciens, des sponsors du festival et des représentants de l’Eglise.

Si la ville de Locarno prend le parti du directeur du festival, condamnant l’action de l’éditeur et défendant la sélection par l’invocation de la «liberté artistique», l’Eglise catholique du Tessin partage les scrupules moraux d’Armando Dadò.

Des critères de sélection inopportuns

L’évêque de Lugano, Pier Giacomo Grampa, souligne qu’il considère également les critères de sélection du comité du festival comme inopportuns. Il pense d’ailleurs que cette position parle à beaucoup de Tessinois. Le fait que le film «L.A. Zombie» ait été projeté exclusivement le soir et qu’il n’ait été accessible qu’à un public adulte ne change pas la donne, d’après Mgr Grampa. Il s’interroge: «Qu’est-ce qu’un événement culturel où l’on choisi des films pour les interdire ensuite à la jeunesse? Quel but culturel recherche-t-on ainsi?» Même si l’évêque a reçu le courrier d’Armando Dadò, il ne juge pas l’action de l’éditeur. Les photos compromettantes «sont directement allées à la poubelle».

L’art peut provoquer

Mgr Grampa remarque que l’art a droit à la provocation, également par des moyens inhabituels et courageux. L’évêque souligne cependant qu’il est important que l’art garde des règles éthiques et morales fondamentales. Les responsables artistiques ne devraient pas glisser vers l’obscène, le vulgaire ou le banal. (apic/job/amc)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/les-scrupules-moraux-sont-justifies/