Vaud : La Communauté de Sant’Egidio est implantée depuis 20 ans à Lausanne

Un engagement pour la paix et le bien commun

Lausanne, 27 octobre 2010 (Apic) A l’occasion du 20ème anniversaire de sa communauté en Suisse, Sant’Egidio présente son travail auprès des pauvres vivant à Lausanne et ailleurs dans le pays. Sur la poussée de l’histoire de ce mouvement né en 1968 à Rome, la Communauté envisage l’avenir avec sérénité malgré les difficultés qui jonchent le chemin à parcourir. Explications avec Marie Bornand, responsable.

La communauté de sant’Egidio ne cache pas sa joie d’avoir rencontré dans l’amitié et la confiance beaucoup de personnes oubliées ou frappées de forts préjugés en Suisse. En 1990, Marie Bornand et Anne-Catherine Reymond implantent la Communauté à Lausanne. A l’époque, les Lausannoises veulent s’occuper des pauvres, un terme qui recouvre chaque forme de pauvreté, ancienne, nouvelle ou naissante. Ainsi, cette réalité concerne aussi les réfugiés, les personnes âgées qui, même aisées, souffrent de l’isolement. Toutes ces catégories appartiennent aujourd’hui à «la famille internationale» de Sant’Egidio.

C’est dans cet esprit que durant les 10 premières années, la communauté va à la rencontre des gens et met sur pied notamment l’Ecole Populaire, un soutien scolaire et une présence amicale suivie auprès d’enfants et de leurs familles dans le quartier multiculturel de la Bourdonnette. Les actions concernent l’organisation de vacances, de fêtes de Noël et de travail pour la paix. «Parallèlement, se souvient Marie Bornand, il y a la naissance d’un service auprès de personnes âgées, en Etablissement médico-sociaux (EMS) et à domicile. Cela se traduit par une présence amicale et fidèle, régulière, l’organisation de vacances et de fêtes, la création du mouvement ’Vive les aînés’, où des personnes âgées s’engagent pour le monde par leurs prières et par la fabrication d’objets dont la vente bénéficie aux enfants de la rue du Burundi». Dès 2002, un cours de français pour migrants en situation précaire est mis en place. Dans le même sens, des visites régulières sont organisées dès 2004 au Centre de Vennes qui accueille les déboutés de l’asile et les personnes en situation de non-entrée en matière sur la demande d’asile (NEM).

Un grand réseau de partenaires

Ce bilan s’est encore enrichi par des prières œcuméniques et des rencontres interreligieuses, en partenariat avec différents mouvements ecclésiaux, notamment le mouvement des Focolari et le Mouvement franciscain laïc, différents prêtres, pasteurs et paroisses. La Communauté s’est aussi fait connaître par l’organisation de la Journée annuelle des «Villes pour la vie – Villes contre la peine de mort» le 30 novembre, en partenariat avec différents mouvements de lutte contre la peine de mort et de défense des droits humains tels que ACAT, Lifespark et Amnesty International.

Les membres de la Communauté de Sant’Egidio se mobilisent lors de certaines catastrophes qui frappent le monde et dont les retombées n’épargnent pas la Suisse. «La guerre dans les Balkans a marqué notre engagement. Nous avons accompagné pendant ces années dramatiques de nombreuses familles et leurs enfants. Nous avons travaillé avec eux sur la manière possible de vivre ensemble ici entre personnes des différentes parties en conflit, mais sans reproduire les conflits des pays d’origine. En effet, il faut savoir que les enfants reproduisaient dans la rue les guerres dont leurs familles étaient victimes là-bas. Un véritable travail pour la paix, en profondeur, en écoutant les souffrances de part et d’autre et en mettant en évidence le bien commun à tous», indique Marie Bornand.

Après le 11 septembre 2001 Sant ›Egidio remarque l’apparition d’un «choc des civilisations». «Nous avons essayé d’apporter notre réponse en nous engageant, avec différents membres de la Maison de l’Arzillier notamment, à cofonder le MCDA (Musulmans et Chrétiens pour le dialogue et l’amitié), lieu de rencontre et d’échange amical.»

Quand le tsunami de 2004 ravage le sud-est de l’Asie, la Communauté apprend la nouvelle lors de son traditionnel repas de Noël par ses amis sri-lankais dont les portables sonnaient. «Nous avons pu être proches d’eux et les soutenir activement dès le début», confie la Lausannoise.

Un mouvement et non une institution

Au sein de la communauté, tout le monde s’accorde pour dire que beaucoup d’autres événements, en Suisse et dans le monde, ont poussé les membres à ouvrir les yeux et le cœur afin de se faire proches des gens de manière humaine et concrète aussi bien dans la souffrance que dans le bonheur. Marie Bornand donne l’exemple de nombreux durcissements des lois sur les étrangers en Suisse, ou au contraire, les grands progrès de la lutte mondiale contre la peine de mort, etc.

La communauté veut aussi relever ces mêmes défis au sujet, par exemple, des lois sur les étrangers, et mettant en pratique le dialogue et la rencontre entre chrétiens, musulmans, juifs, en combattant la solitude et l’individualisme, etc. Toute une histoire d’amitié, d’abord avec les plus faibles et les plus démunis, mais finalement avec tout le monde. «Ce n’est pas une institution mais un mouvement dont la vocation est de faire famille avec les pauvres. De là découlent des services, des initiatives, des actions pour la paix. Notre action est avant tout une histoire de cœur, et le cœur de chacun peut se laisser toucher», conclue Marie Bornand. (apic/dng/bb)

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