Rome: Le Père Lombardi combat la pédophilie

Victimes invitées à s’exprimer

Rome, 1er novembre 2001 (Apic)) Le Père Federico Lombardi, dans une lettre non officielle remise aux organisateurs d’une manifestation de victimes de prêtres pédophiles aux portes du Vatican, dans la soirée du 31 octobre 2010, a invité ces victimes à voir l’Eglise comme une «alliée» dans la lutte conte la pédophilie. Un groupe d’une quarantaine de victimes, d’une douzaine de pays différents, s’était rassemblé non loin du Vatican pour une manifestation pacifique au terme de laquelle 2 représentants du groupe avaient déposé au Vatican quelque 70 lettres à l’intention de Benoît XVI.

Reconnaissant que les fenêtres de son bureau, à Radio Vatican, se trouvent à quelques mètres à peine de la manifestation, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a ainsi souhaité proposer «un signe tangible» de «l’attention» de l’Eglise dans une lettre «non officielle».

Dans cette lettre publiée sur le site Internet du vaticaniste américain John Allen, le directeur de Radio Vatican rappelle que «le fléau des abus sexuels» est «un des grands fléaux du monde actuel» qui concerne l’Eglise catholique. Pour autant, Federico Lombardi note que «ce qui est arrivé dans l’Eglise est seulement une petite partie de ce qui est arrivé et continue de se produire dans le monde entier».

En conséquence, le Père Lombardi explique que «l’Eglise doit d’abord se libérer de ce fléau et donner le bon exemple dans la lutte contre les abus», pour que «tous», par la suite, luttent contre ce fléau «qui augmente plus facilement lorsqu’il reste caché». «Nombreux sont ceux, déplore ensuite le Père Lombardi, qui sont satisfaits que toute l’attention soit concentrée sur l’Eglise et non sur eux, car cela leur permet d’exercer sans être dérangés».

Parce que «cette lutte doit être combattue ensemble», le père Lombardi invite les victimes d’abus de la part de prêtres à «unir (leurs) forces» à celles de l’Eglise. Il invite alors les victimes à «regarder l’Eglise de plus en plus comme une possible alliée» dans la poursuite de leur combat.

Des procédures plus rapides

Après avoir évoqué la «volonté» du pape de «faire tout le nécessaire afin que les crimes horribles des abus sexuel ne puissent jamais se reproduire», le père jésuite confie aussi qu’il ne partage pas toutes les déclarations des manifestants mais qu’il est sûr, lui aussi, que «l’Eglise doit être très attentive» afin que les enfants et les jeunes qui lui sont confiés «puissent grandir dans un environnement complètement sécurisé».

Le Père Lombardi reconnaît que les procédures d’enquête et d’intervention en cas d’abus doivent être toujours plus rapides et plus efficaces, mais il note aussi que «l’Eglise a fait et fait beaucoup». Il juge aussi que «la majeure partie des crimes appartient au passé».

Au début de la manifestation, au pied du Château Saint-Ange, le père Lombardi s’était rendu à la rencontre du groupe de manifestants afin d’exprimer personnellement sa «solidarité». Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège avait été accueilli par une marée de journalistes et les cris des manifestants : «Shame on you» (honte à vous).

Le Père Federico Lombardi était reparti dans son bureau, à deux pas, sans pouvoir parler au groupe de victimes. Quelques minutes plus tard, le «porte-parole» du Vatican avait cependant accueilli Gary Bergeron, de l’association américaine «Survivors Voice», à qui il avait remis cette lettre de 2 pages, en anglais. Un peu plus tard, dans la soirée, selon le vaticaniste John Allen, le Père Lombardi a rencontré 8 victimes dans son bureau pendant plus d’une heure. (apic/imedia/ami/js)

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