Comme un «pèlerin de la foi»

Espagne: L’Europe, la famille, et l’art au cœur du pélerinage du pape

Rome, 2 novembre 2010 (Apic) Le voyage que Benoît XVI s’apprête à accomplir à Saint-Jacques de Compostelle et Barcelone, en Espagne, les 6 et 7 novembre prochains, devrait s’articuler autour de trois enjeux principaux: l’Europe, la famille et l’art. C’est le cinquième et dernier déplacement du pape à l’étranger pour cette année, exclusivement en Europe, et son douzième voyage sur le Vieux continent depuis son élection, sur dix-huit au total.

Officiellement, le pape se rendra le 6 novembre dans la ville de Galice en tant que «pèlerin de la foi». C’est le souhait que Benoît XVI lui-même avait exprimé à l’archevêque de Saint-Jacques de Compostelle, Mgr Julián Barrio Barrio, reçu en audience au Vatican en mars dernier.

A l’aéroport de Saint-Jacques de Compostelle, le pape sera accueilli par le couple princier des Asturies, Felipe et Letizia, mais aussi par quelques représentants du gouvernement espagnol. Arrivé dans le sanctuaire où les pèlerins affluent de toute l’Europe, le pape visitera la cathédrale, selon le rituel des pèlerins qui vont à Saint-Jacques, les «jacquets», a souligné le père Federico Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège.

Le souverain pontife passera ainsi par la Porte sainte, également appelée «Porte du pardon». Sur le fronton, saint Jacques et ses deux disciples Anastase et Théodore accueillent les pèlerins. Après avoir prié sur la tombe de saint Jacques, le pape pèlerin embrassera la statue de l’Apôtre. Le Saint-père prononcera une brève allocution avant que le gigantesque et célèbre encensoir suspendu au plafond de la cathédrale (1,5 mètre de haut, 80 kilos) ne soit mis en route.

De Saint-Jacques à l’Europe

A Saint-Jacques, Benoît XVI suivra les pas de Jean-Paul II sur les routes des grands sanctuaires européens. Au cours de la messe célébrée dans l’après-midi du 6 novembre au pied de la cathédrale, il pourrait lancer un message à l’Europe, l’invitant à redécouvrir ses racines chrétiennes.

En 1982, le pape polonais s’était lui aussi rendu en pèlerin dans cette ville de Galice, et avait lancé cet appel: «Ô vieille Europe, je te lance un cri plein d’amour: retrouve-toi toi-même, sois toi-même, découvre tes origines, renouvelle la vigueur de tes racines, revit ces valeurs authentiques qui couvrirent de gloire ton histoire et firent bénéfique ta présence dans les autres continents!»

Selon le père Lombardi, Benoît XVI, qui porte d’ailleurs dans son blason la coquille du pèlerin de Saint-Jacques, est très content de se rendre à Saint-Jacques de Compostelle, parce qu’il avait beaucoup désiré effectuer ce pèlerinage et en avait même parlé à son frère.

2010 étant une Année jacquaire, le pape a saisi cette occasion pour s’y rendre. L’Année jacquaire est une année jubilaire qui a lieu chaque fois que la fête de saint Jacques, le 25 juillet, tombe un dimanche. Cette tradition remonte au 9e siècle, lorsque la tombe de l’apôtre venu en Galice fut découverte.

A l’issue de la messe, avant de se rendre à l’aéroport, le pape saluera Mariano Rajoy, président du Parti Populaire depuis 2004, originaire de Saint-Jacques.

Gaudi et le pape: un même goût pour la liturgie

Barcelone sera la seconde étape du déplacement de Benoît XVI en Espagne. Le 7 novembre, dans la capitale de la Catalogne, le pape devrait consacrer l’église de la Sagrada Familia, inachevée, que Jean-Paul II avait déjà bénie en 1982.

A l’annonce de ce voyage, l’archevêque de la ville, le cardinal Lluis Martinez Sistach, avait expliqué que cet emblème de Barcelone, inscrit au Patrimoine mondial de l’humanité, était considéré comme un «temple avec une signification artistique, biblique, théologique, spirituelle et catéchétique, unique au monde».

Peu avant de dire la messe, le pape rencontrera le couple royal espagnol. La liturgie de cette célébration, essentiellement en catalan et latin, sera celle de la dédicace d’une église et non celle du dimanche. A l’issue de la messe, Benoît XVI élèvera cette église au rang de basilique.

La visite du pape à la Sagrada Familia devrait servir à souligner le dialogue entre foi et art, cher à Benoît XVI. Mais dans cette église qui porte le nom de la Sainte Famille, le souverain pontife pourrait aussi en profiter pour évoquer l’importance de la famille, dans un pays qui a adopté en février dernier une loi dépénalisant l’avortement et dans lequel le mariage homosexuel est autorisé et les procédures de divorce simplifiées.

Il pourrait également rappeler le sens primordial de la liturgie que l’architecte espagnol Antonio Gaudi (1852-1926), à l’origine de cet édifice, traduisait dans son œuvre. Le procès de béatification de ce chrétien a été ouvert au Vatican en 2003 et pourrait aboutir d’ici trois à quatre ans.

Rencontre avec Zapatero

Juste avant de quitter l’Espagne, le souverain pontife s’entretiendra, en privé, avec le premier ministre espagnol José Luis Zapatero, à l’aéroport de Barcelone. Cet homme politique, membre du parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), à la tête du gouvernement depuis 2004, a déjà rencontré le pape à deux reprises. En juillet 2006, lors de la 5e Rencontre mondiale de la famille à Valence (Espagne) et au Vatican, en juin dernier. Cette troisière entrevue aura lieu alors que le cardinal Antonio Maria Rouco Varela, archevêque de Madrid a critiqué de nombreuses fois la politique du gouvernement Zapatero. (apic/imedia/lb/nd)

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