En marge de la votation du 28 novembre

Genève: Les Eglises s’inquiètent de la stigmatisation des «étrangers criminels»

Genève, 2 novembre 2010 (Apic) Les Suisses se prononceront, le 28 novembre prochain, sur l’initiative déposée par l’Union démocratique du centre (UDC), concernant le renvoi des criminels étrangers et le contre-projet du parlement. Dans un communiqué publié ce jour, les Eglises catholique chrétienne, catholique romaine et protestante de Genève font part de leur inquiétude quant à la stigmatisation d’une partie de la population, contraire à leurs valeurs.

Les Eglises genevoises sont clairement d’avis que des normes contraires aux droits humains n’ont pas leur place dans la Constitution suisse. Elles estiment qu’il est inutile d’en modifier les bases, dès lors que la législation actuelle permet déjà l’expulsion de criminels condamnés. «Tant l’initiative que le contre-projet sont marqués par l’idée que la solution à la criminalité dépend du rejet de l’autre. Ils véhiculent une image négative des étrangers, que les Eglises chrétiennes jugent incompatible avec l’esprit d’ouverture et la tradition d’accueil de la Suisse, tout comme avec les valeurs de l’Evangile», peut-on lire dans le communiqué.

Droits fondamentaux relativisés

En outre, les Eglises de Genève jugent préoccupant que les textes soumis au vote, en particulier l’initiative de l’UDC, participent d’un mouvement de relativisation croissante des droits fondamentaux, parmi lesquels: la protection de la famille, le respect du droit international et des principes élémentaires de la Constitution, ainsi que le droit au pardon et à une seconde chance. «L’initiative sur le renvoi viole sciemment le droit international et les principes élémentaires de la Constitution suisse. Ce renvoi automatique préconisé par l’initiative viole également l’accord de libre circulation des personnes et ne prévoit aucune pondération des intérêts en faveur du droit constitutionnel et humain à la vie privée et à la vie familiale».

Les Eglises rappellent aussi que l’objectif central des peines est la resocialisation des délinquants. «C’est pourquoi les peines sont toujours limitées dans le temps. Cela correspond à l’idée chrétienne de la réconciliation», soulignent les signataires Christine Hauri, présidente du Synode cantonal de l’Eglise catholique chrétienne, Mgr Pierre Farine, évêque auxiliaire de l’Eglise catholique romaine, et Charlotte Kuffer, présidente de l’Eglise protestante. (apic/com/nd)

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