Pitié, engagement personnel et action sociale
Berne, 3 novembre 2010 (Apic) Les trois Eglises nationales suisses publient une déclaration à l’occasion de la Journée internationale des Droits humains, le 10 décembre, et dans le cadre de l’Année européenne de lutte contre la pauvreté. Elles attirent l’attention sur les lien entre pauvreté et droits humains.
Dans la déclaration, diffusée le 2 novembre, la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS), l’Eglise catholique-chrétienne de Suisse et la Conférence des évêques suisses soulignent l’existence de la pauvreté, en Suisse et dans le monde. Elles s’inquiètent de la persistance de cette dernière et de l’accroissement du fossé entre riches et pauvres. La déclaration invite les «Eglises et communautés à être davantage encore des lieux où les pauvres sont accueillis et écoutés, où ils trouvent une place, où ils sont encouragés à se remettre debout».
Les Eglises mettent en relation pauvreté et droits humains, ces deux concepts procédant d’un double mouvement: «dans un sens la pauvreté empêche la mise en œuvre des droits humains (la pauvreté limite l’accès à la santé, la formation, etc.) et dans l’autre le déni des droits de l’homme engendre la pauvreté (les inégalités hommes-femmes, les discriminations des minorités, la restriction des droits civils et politiques sont facteurs de pauvreté).»
La déclaration présente trois accents de la lutte contre la pauvreté: premièrement, la lutte doit être multisectorielle. La pauvreté n’étant pas uniquement matérielle, il faut la combattre sur tous les fronts: économique mais également social, politique et culturel. Deuxièmement, la lutte doit viser à plus d’équité. Il s’agit de garantir à tous les mêmes chances d’accès au bien-être. Les Eglises rappellent tout particulièrement le cas des femmes et des migrants. Troisièmement, la lutte doit permettre l’implication des personnes touchées par la pauvreté. Il doit s’agir d’une «politique de reconnaissance et de respect et non seulement de redistribution».
Pour les Eglises, l’argumentation basée sur les droits humains se double d’une réflexion biblique et théologique. Elles proposent une démarche vers le pauvre en trois points, inspirée du récit de Matthieu: la pitié, l’engagement personnel et l’action sociale.
A l’occasion de la Journée internationale des Droits humains, les Eglises ont également diffusé des suggestions liturgiques et des pétitions. Ces dernières ont été préparées par l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT).
L’ACAT-Suisse intervient prioritairement contre la torture et la peine de mort, ainsi que l’indique sa devise: «Pour un monde sans torture ni peine de mort». Cette ONG chrétienne est partenaire des trois Eglises nationales suisses depuis 1982 pour la campagne de la Journée des droits humains.
Cette année, dans le cadre de la réflexion sur la dialectique entre droits humains et pauvreté, l’ACAT-Suisse diffuse deux pétitions. La première soulève le problème du droit à la santé des sans-papiers en Suisse. 90% des 100’000 sans-papiers qui résideraient en Suisse ont un accès réduit aux soins médicaux, situation de non-droits qui engendre la pauvreté. La deuxième est consacrée aux minorités kurdes de Turquie qui, prises dans le conflit entre le PKK et l’armée turque depuis 1984, sont poussées à l’émigration vers les centres urbains. Leur exode est synonyme de pauvreté, tout particulièrement pour les enfants.
Les deux pétitions sont directement disponibles sur le site de l’ACAT-Suisse: http://www.acat.ch/fr/notre_action/campagnes/10_decembre. (apic/com/amc)
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