Les représentants chrétiens et musulmans cherchent le dialogue
Genève, 3 novembre 2010 (Apic) Les responsables de chaque religion ont le devoir de protéger les croyants d’autres confessions, a affirmé le prince Ghazi Bin Muhammad Bin Talal de Jordanie à l’ouverture d’un colloque international sur le dialogue islamo-chrétien. « Pour nos deux religions, faire du mal aux minorités religieuses qui sont parmi nous est condamnable, absolument interdit et constitue un rejet de l’amour de Dieu, ainsi qu’un crime contre Dieu lui-même », a-t-il souligné devant un parterre de responsables et spécialistes chrétiens et musulmans.
Selon l’agence d’information œcuménique Eni, le prince Ghazi a exhorté les responsables religieux à « défendre l’autre contre les fidèles de notre propre religion, quand l’autre est faible et opprimé, en particulier dans un contexte de minorité sociale. » Le prince Ghazi est coordinateur de l’initiative « Une parole commune », document publié en 2007 par 138 érudits musulmans recherchant des terrains d’entente entre les traditions religieuses chrétienne et musulmane.
Le pasteur norvégien Olav Fykse Tveit, secrétaire général du Conseil œcuménique des Eglises (COE), a déclaré que les responsables religieux devaient proposer un « leadership moral » à leurs communautés. « Dans le monde actuel, de nombreux conflits sont liés aux identités religieuses, même si ces conflits ont des raisons principalement politiques, économiques ou culturelles », a déclaré le théologien luthérien. « Il est de notre devoir de faire en sorte que la religion ne soit pas synonyme de conflit aux yeux des gens, mais synonyme de justice et de paix. » Le pasteur Tveit a également salué l’exemple donné par les Eglises de Suisse lorsqu’elles se sont opposées à l’interdiction de la construction des minarets.
Le pasteur Thomas Wipf, président de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) et du Conseil suisse des religions, a souligné le rôle important des personnes de cultures et traditions religieuses étrangères en Suisse. « Avec environ 350’000 membres, les communautés musulmanes constituent le troisième groupe religieux de Suisse, après les principales Eglises chrétiennes », a-t-il remarqué. « A la lumière d’une diversité culturelle et religieuse croissante, cette conférence met l’accent sur une problématique à laquelle nous sommes confrontés tant ici en Suisse que dans le reste de l’Europe: être des sociétés et des communautés transformatrices et transformées dans lesquelles les chrétiens et les musulmans peuvent façonner l’avenir ensemble » a remarqué le pasteur.
La conférence de Genève, organisée par le COE, l’Association mondiale de l’appel islamique, basée en Libye, l’Institut royal Aal al-Bayt, basé en Jordanie, et le Consortium « Une parole commune », a lieu 1er au 4 novembre. Elle a pour objectif d’aborder des questions d’intérêt commun et de donner des orientations propres à favoriser la coopération entre musulmans et chrétiens. (apic/eni/sb/pk/amc)
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