Une centaine d’organisations réclament des sanctions
Conakry, 5 novembre 2010 (2010) L’Action catholique contre la faim et pour le développement de France et cent autres organisations ont appelé les autorités civiles et militaires guinéennes, à mettre un terme aux «exactions» des forces de sécurité et défense, dans un communiqué diffusé le 4 novembre.
Les 101 organisations ont exhorté le gouvernement à prendre «les mesures nécessaires» afin de faire «la lumière sur les évènements de ces derniers jours et de sanctionner les auteurs de violations des droits humains».
La semaine dernière, des accrochages entre partisans des deux candidats au second tour de l’élection présidentielle, le malinké Alpha Condé et le peul Cellou Dalein Diallo, se sont affrontés. Selon le site internet d’information guinéen www.aminata.com, une série d’agressions visait des commerçants peuls, dont les échoppes ont été saccagées ou incendiées, les 22 et 23 octobre à Conakry, Kankan (est) et Siguiri (nord-est), ont rapporté des témoins. A la suite de ces évènements, le président transitoire, le général Sékouba Konaté, a averti qu’il «n’accepterait pas que des Guinéens soient traqués à cause de leur appartenance ethnique, religieuse ou politique (…)». De leur côté, les chefs religieux et traditionnels, des groupes de jeunes et des citoyens se sont mobilisés pour endiguer ce fléau, a rapporté l’agence d’information de l’ONU IRIN.
Dans leur communiqué, les ACFD France et ses co-signataires demandent aux dirigeants guinées de garantir le caractère libre, honnête et transparent du deuxième tour des présidentielles, prévu le 7 novembre. Ils ont aussi invité à appliquer les principes de base des Nations unies et de la Charte africaine des droits de l’homme sur les conditions du recours à la force qui exigent que les forces de l’ordre utilisent en priorité des moyens non violents avant de recourir à la force lors de manifestations pacifiques.
Ils ont aussi appelé les deux candidats à la présidentielle et leurs partisans, à respecter et à appliquer de manière stricte les différents codes de bonne conduite qu’ils ont signés, afin d’assurer le bon déroulement et l’issue de l’élection présidentielle, et à accepter le règlement de tout différend électoral par les voies constitutionnelles, y compris judiciaires.
Les organisations ont également à une présence en nombre suffisant d’observateurs civils et militaires en amont, pendant et après le scrutin. Elles ont dénoncé «toutes velléités ou volonté» de dresser les communautés nationales les unes contre les autres, dans le seul but de «saper le processus de transition en hypothéquant la tenue du second tour et porter atteinte à l’avènement de la démocratie en Guinée». (apic/ibc/bb)
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