Une réflexion commune pour une stratégie globale
Berne, 5 novembre 2010 (Apic) Une session extraordinaire de l’Université populaire Quart Monde a eu lieu le 30 octobre, à Berne. A l’invitation d’ATD Quart Monde, 120 participants d’une quinzaine de groupes ou associations, parmi lesquels des personnes en situation de pauvreté, ont défini trois priorités par rapport à une stratégie globale de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Il s’agissait aussi de préparer la Conférence nationale « Lutter ensemble contre la pauvreté », du 9 novembre prochain, dans la capitale fédérale.
Trois questions centrales ont été abordées lors de cette session extraordinaire. La première est de garantir des ressources pour vivre dans la dignité et d’avoir des perspectives d’avenir. Pour ce faire, les participants proposent la création d’un système unique de minimum social valable pour tous et basé sur les montants prévus dans le système des prestations complémentaires. Cela doit concerner toutes les familles pour ne pas créer une discrimination. En outre, ils demandent qu’un accompagnement social de qualité soit garanti, dans le respect de la dignité. Il s’agit d’orienter le système vers les personnes et non d’adapter les personnes au système.
La seconde question est de savoir quelle place est réservée aux personnes en situation de pauvreté dans le monde du travail. Les groupes de travail ont élaboré quelques propositions à ce sujet.
L’Université populaire Quart Monde demande que les personnes qui arrivent à l’aide sociale soient soutenues dans leurs efforts pour trouver un travail, notamment par de vraies formations concrètes ou une reconversion. Les bénéficiaires de l’aide sociale doivent pouvoir choisir les propositions de travail qui leurs sont faites. Ils doivent pouvoir les refuser, sans être menacées de sanctions. Les chômeurs de longue durée doivent être encouragés et soutenus financièrement pour développer leurs propres projets. Les femmes et les hommes doivent avoir la possibilité de concilier travail et présence active dans leur famille.
La Conférence nationale du 9 novembre cherchera à améliorer la collaboration interinstitutionnelle entre les différents organes (assurance invalidité, assurance chômage, aide sociale, institutions de formation). ATD Quart Monde se demande si cette dernière sera à la hauteur des questions posées par les exclus du monde du travail.
La dernière question abordée est de promouvoir et de mettre en œuvre, avec les personnes concernées, une stratégie globale et cohérente de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Le rapport adopté par le Conseil fédéral le 31 mars 2010 est un premier pas en avant.
Les participants à la réunion d’ATD Quart Monde estiment cependant que ce travail doit être poursuivi pour tenir compte de domaines non abordés comme la santé, le logement ou le placement des enfants. Ils attendent du Conseil fédéral la création d’une instance chargée de mettre en œuvre, dans une dynamique globale, l’ensemble de leurs propositions. Ils estiment par ailleurs que les deux mesures au programme de la Conférence nationale du 9 novembre (prestations complémentaires pour certaines familles à bas revenus et collaboration interinstitutionnelle) ne répondent pas aux souffrances vécues par ceux qui subissent la pauvreté et l’exclusion sociale.
En plus de cette instance, les participants demandent que des lieux de dialogue réguliers entre les autorités et les personnes touchées par la pauvreté soient créés. Selon eux, une réflexion commune permettra de faire avancer les choses.
La session extraordinaire de l’Université populaire Quart Monde a été organisée avec le soutien d’Amnesty International, d’AvenirSocial et de l’OFAS (Office fédéral des assurances sociales). Y ont également participé deux conseillères nationales, des hauts-représentants de l’OFAS, de la CDAS (Conférence des directrices et directeurs cantonaux des affaires sociales), de la CSIAS (Conférence suisse des institutions d’action sociale) et du département de la prévoyance sociale du canton de Berne, ainsi que plusieurs universitaires. (apic/com/nd)
Valoriser l’expérience de vie
ATD Quart Monde a été fondé en 1957, par le Père Joseph Wresinski et des familles d’un camp de sans-logis à Noisy-le-Grand, dans la région parisienne. Son action vise à promouvoir un dialogue entre les plus pauvres et la société. Dans 24 pays, il mène des projets socio-culturels avec les populations les plus défavorisées pour qu’elles puissent reconquérir leurs droits et leurs responsabilités. En Suisse, le Centre national ATD Quart Monde est basé à Treyvaux (FR).
En outre, l’Université populaire Quart Monde de Berne est un lieu de formation à l’expression et au dialogue entre des personnes en situation de pauvreté et d’autres citoyens, notamment des spécialistes des questions abordées. Elle part de la valorisation de l’expérience de vie des plus pauvres.
Ce dialogue donne des forces et des moyens nouveaux aux plus pauvres afin de se construire une place dans la société et de trouver des soutiens pour leur projet familial. Il permet aussi aux citoyens de s’engager aux côtés des plus pauvres afin de favoriser leur insertion dans la société. (apic/com/nd)
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