Etats-Unis : Les démocrates anti-avortement particulièrement affaiblis à l’issue des élections

Une victoire en demi-teinte pour les groupes pro-vie

Washington, 7 novembre 2010 (Apic) La majorité des démocrates pro-vie attaqués par les groupes anti-avortement ont perdu leur mandat, malgré la marginalisation du thème de l’avortement dans la campagne électorale. La victoire du lobby est toutefois assombrie par la déchéance de plusieurs républicains.

D’après le mensuel évangélique américain Christianity Today, trois des quatre démocrates visés par la campagne de la Susan B. Anthony List (SBAL) – un groupe anti-avortement qui soutient les femmes pro-vie au Congrès – ont perdu leurs sièges mardi 2 novembre. En tout, 10 des 17 démocrates pro-vie qui avaient apporté leurs voix à la réforme du système de santé ont été défaits. Une victoire importante pour les groupes pro-vie qui craignent que l’avortement ne soit financé suite à cette réforme et contrairement aux engagements pris par le président Obama.

Si la Chambre des représentants s’est étoffée de 20 républicains pro-vie, certains des représentants du peuple les plus puissamment soutenus par le lobby ont perdu leur siège. Ainsi, Sharron Angle, Carly Fiorina et John Raese, respectivement championnes de SBAL et champion du Family Research Council (FRC) – organisation chrétienne promouvant la famille et les valeurs judéo-chrétiennes qui y sont liées – ont été privés de mandat.

Une victoire en demi-teinte donc, et tout particulièrement si l’on considère l’investissement financier concédé par ces deux organisations en vue des élections de mi-mandat. Si FRC n’a investi que 272’000 dollars dans la bataille, SBAL en a dépensé 2.4 millions. Un chiffre qui place le groupe anti-avortement parmi le top 30 des groupes non partisans ayant dépensé le plus d’argent pour influencer les élections.

Si la réforme du système de santé a donné un nouveau souffle aux groupes anti-avortement – inspirant des « représailles » contre les républicains pro-vie -, elle a surtout contribué à orienter la campagne électorale autour de préoccupations plus économiques que morales.

Tony Perkins, président du FRC, ne croit cependant pas que les questions économiques aient éclipsé les questions morales dans l’esprit des électeurs pro-vie : « Quand vous avez une mauvaise économie et que les gens ont du mal à payer leurs factures, c’est certain que c’est au centre des préoccupations. Cela ne signifie pas cependant qu’on ne réfléchit pas à d’autres choses», confie-t-il à Christianity Today. Pour lui, les électeurs ont voulu, au travers des élections de mi-mandat, punir les démocrates de les avoir laissé tomber, pas seulement sur des questions fiscales, mais aussi sur des questions morales. Et de conclure: « Je pense que le message est clair. Il ne s’agit pas ici d’un renforcement des républicains, mais d’un rejet des démocrates et de leur politique libérale. » (apic/christianity today/amc)

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