Zimbabwe: Des organisations chrétiennes mettent en garde contre de nouvelles élections
Harare, 11 novembre 2010 (Apic) Des organisations d’Eglise et de défense des droits ont mis en garde contre de nouvelles élections au Zimbabwe. Selon elle, le contexte dans lequel se trouve le pays est «extrêmement volatil, incertain et tendu» depuis les émeutes sanglantes qui ont marqué le second tour de l’élection présidentielle, il y a deux ans.
«La polarisation ne favorise pas la tenue d’élections, car des violences se déclencheraient très probablement», ont indiqué fin octobre les organisations, parmi lesquelles figurent le Conseil des Eglises du Zimbabwe, la Communauté évangélique du Zimbabwe, l’Alliance chrétienne et le Mouvement des étudiants chrétiens du Zimbabwe.
D’après l’agence d’information œcuménique Eni, l’avertissement est intervenu après que le président Robert Mugabe a dit à ses partisans de se préparer à de nouvelles élections pour 2011. Par ailleurs, de plus en plus de cas d’intimidations de la part des forces de l’ordre sont rapportés. Les rassemblements invitant la population à faire part de ses opinions concernant une nouvelle constitution se transforment souvent en affrontements violents entre partisans du Zanu-PF, le parti du président Mugabe, et ceux du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) du Premier ministre Morgan Tsvangirai.
Dans leur communiqué, les organisations affirment que des élections libres et équitables ne seront pas possibles à moins que les lois et les institutions qui sont au service du parti de Robert Mugabe ne soient changées. «Les institutions et infrastructures qui soutiennent la violence, comme les milices de jeunesse du Zanu-PF, les vétérans de guerre et un corps de police partisan, n’ont pas été réformées et constituent de ce fait une menace pour les élections démocratiques», ont-elles indiqué.
Les élections parlementaires de 2008 au Zimbabwe, qui ont désavoué le Zanu-PF, ont été entachées de violences. Le Premier ministre Tsvangirai a déclaré que plus d’une centaine de ses partisans ont été tués et que des milliers d’autres ont été déplacés. De son côté, Robert Mugabe accuse les partisans de Morgan Tsvangirai d’avoir détruit des biens appartenant aux partisans du Zanu-PF.
Morgan Tsvangirai, invoquant des violences à l’encontre de ses partisans, s’était retiré du second tour de l’élection présidentielle de 2008, ce qui avait laissé le champ libre à Robert Mugabe pour remporter le scrutin, qu’il avait perdu au premier tour. A la suite de pressions de la part d’autres pays d’Afrique australe, les rivaux ont formé un gouvernement d’union nationale afin d’apaiser les tensions et de sauver une économie anéantie par l’hyperinflation de la devise locale, rendue inutilisable.
Le MDC affirme toutefois que le travail du gouvernement de coalition a été entravé par Robert Mugabe, qui refuse de céder des portefeuilles clés et, en octobre, Morgan Tsvangirai a écrit une lettre aux Nations Unies pour protester contre les nominations unilatérales faites par le président.
Le 28 octobre, le journal «Zimbabwe Independent» a affirmé que le parti de Robert Mugabe cherche à mobiliser les électeurs en ciblant les jeunes et s’efforçant de pénétrer les milieux ecclésiaux, et notamment les groupes apostoliques, qui combinent croyances traditionnelles et christianisme, afin de remporter les élections qu’il veut organiser en juin 2011. (apic/eni/amc)
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